En déplacement à Kigali, Bill Gates a mis en avant les avancées remarquables du Rwanda dans le domaine de la santé publique, saluant notamment la forte diminution de la mortalité maternelle enregistrée depuis le début des années 2000.
Reçu par le président Paul Kagame, le président de la Gates Foundation a également réaffirmé son soutien au développement des systèmes de santé africains et à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les services médicaux.
Une amélioration spectaculaire des indicateurs de santé
Au cœur de cette visite figure un constat que Bill Gates considère comme emblématique des progrès accomplis par le Rwanda : la mortalité maternelle a reculé de 85 % depuis l’an 2000. Avant son arrivée dans le pays, il avait déjà présenté le Rwanda comme un modèle à suivre sur le continent africain, estimant que ces résultats démontrent les bénéfices d’investissements publics orientés vers des technologies de santé accessibles à l’ensemble de la population.
Le cofondateur de Microsoft a également souligné les progrès réalisés dans la lutte contre la mortalité infantile. Selon les chiffres qu’il a évoqués lors d’un entretien accordé à CNBC Africa, les décès d’enfants âgés de moins de cinq ans ont diminué de 80 % au cours de la même période. Il attribue cette évolution à la solidité des soins de santé primaire, au travail des agents de santé communautaire et à l’efficacité des politiques publiques mises en œuvre par les autorités rwandaises.
Immersion dans les services de santé de proximité
Au-delà des rencontres officielles à Kigali, Bill Gates s’est rendu dans le secteur de Mwulire, situé dans la Province de l’Est, afin d’observer le fonctionnement des infrastructures sanitaires locales.
Il a notamment visité un centre de santé qui dessert aujourd’hui plus de 37 000 habitants.
Cette infrastructure a considérablement amélioré l’accès aux soins, en évitant à de nombreux patients, notamment les femmes enceintes, de parcourir jusqu’à 16 kilomètres pour bénéficier d’une prise en charge médicale.
Cette étape lui a également permis d’échanger avec des agents de santé communautaire, acteurs essentiels du système sanitaire rwandais. Le pays en compte plus de 58 000, répartis en équipes de quatre dans chaque village. D’après les données présentées lors de cette visite, ces équipes ont assuré près de 65 % des dépistages du paludisme et administré environ 82 % des traitements contre cette maladie dans le secteur de Mwulire au cours des six derniers mois.
Les autorités sanitaires prévoient par ailleurs de renforcer leur action grâce au déploiement prochain d’un dossier médical électronique communautaire, destiné à numériser le suivi des patients et à améliorer la coordination des soins.
Une industrie locale soutenue par la Gates Foundation
La tournée s’est achevée dans les installations de TKMD Syringes Manufacturing, une entreprise spécialisée dans la fabrication de seringues auto-bloquantes. Soutenue par la Gates Foundation, cette usine fournit notamment des équipements destinés à plusieurs pays à travers les programmes d’approvisionnement de l’Unicef.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer les capacités de production de matériel médical sur le continent africain.
Le Rwanda au centre d’un projet d’intelligence artificielle pour la santé
La visite de Bill Gates intervient également dans un contexte marqué par le renforcement des partenariats technologiques en faveur du secteur de la santé. La Gates Foundation et OpenAI ont récemment conclu un accord destiné à développer des solutions reposant sur l’intelligence artificielle afin d’améliorer les systèmes de santé en Afrique.
Le Rwanda a été retenu pour accueillir le premier programme pilote de cette initiative, doté d’un financement de 50 millions de dollars.
Un appel à maintenir les investissements malgré la baisse de l’aide internationale
Cette visite intervient alors que l’aide publique internationale au développement a diminué pour la deuxième année consécutive en 2025, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Plusieurs pays donateurs réorientent désormais une partie de leurs ressources vers les dépenses de défense et leurs priorités nationales.
Dans ce contexte, Bill Gates a plaidé en faveur du maintien des investissements dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’innovation. Selon lui, ces domaines seront déterminants pour accompagner la croissance démographique du continent, dont la population en âge de travailler devrait devenir la plus importante au monde d’ici à 2040.
La Gates Foundation poursuit d’ailleurs cet objectif à travers son engagement annoncé l’an dernier : consacrer 200 milliards de dollars sur vingt ans, principalement au financement de projets en Afrique.
Thom Biakpa




