Reporters sans frontières (RSF) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la situation de la liberté de la presse au Burkina Faso. Dans une enquête rendue publique le jeudi 23 juillet, l’organisation affirme que les autorités burkinabè s’appuient sur un vaste réseau de cyberactivistes chargé de promouvoir le discours officiel tout en menant des campagnes de harcèlement contre les journalistes et les détracteurs du régime.
Au cœur de cette enquête figurent les Bataillons d’intervention rapide de la communication (BIR-C), présentés par RSF comme une organisation structurée de soutien numérique au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré. Selon l’ONG, ce réseau serait composé de militants favorables à la junte, de comptes anonymes actifs sur les réseaux sociaux, de personnalités influentes proches des autorités et, d’après ses affirmations, d’au moins un membre du gouvernement.
RSF estime que cette organisation joue un rôle central dans la diffusion de messages favorables au régime. Elle l’accuse également de mener des opérations de propagande, de relayer des contenus de désinformation et d’orchestrer des campagnes visant à discréditer les personnes exprimant des opinions divergentes.
Les journalistes figureraient parmi les principales cibles de ces actions. L’organisation rapporte que plusieurs professionnels des médias auraient été victimes de harcèlement en ligne, d’injures répétées, de menaces, de montages photographiques destinés à les ridiculiser ainsi que de campagnes de diffamation sur les plateformes numériques.
Pour RSF, ces pratiques s’inscrivent dans un climat de rétrécissement progressif de l’espace des libertés publiques au Burkina Faso. L’ONG rappelle notamment la suspension de plusieurs médias internationaux, les arrestations et disparitions de personnes critiques à l’égard des autorités, ainsi que la dissolution de nombreuses organisations de la société civile.
Cette dégradation du contexte médiatique se reflète également dans le dernier Classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières. Dans son édition 2026, le Burkina Faso occupe la 110ᵉ place sur 180 pays, un rang qui, selon l’organisation, illustre les difficultés croissantes rencontrées par les journalistes dans l’exercice de leur profession.
Thom Biakpa




