jeudi, août 20, 2026
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Guerre russo-ukrainienne : Accra déplore 62 Ghanéens tués et 15 portés disparus, Moscou promet de coopérer

Accra tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur le recrutement de ses ressortissants dans la guerre russo-ukrainienne. Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a révélé récemment que 62 jeunes Ghanéens avaient déjà perdu la vie dans le conflit, tandis que 15 autres sont toujours portés disparus.

Cette information a été livrée à la presse par le chef de la diplomatie ghanéenne alors qu’il effectuait une visite de travail en Russie et rencontrait son homologue russe Sergueï Lavrov. À l’issue de leurs échanges, Samuel Okudzeto Ablakwa a fait de la question du recrutement de jeunes Ghanéens pour combattre aux côtés des forces russes, l’un des principaux sujets de discussion.

Selon le ministre, le phénomène constitue désormais une préoccupation majeure pour les autorités d’Accra. Il a dénoncé le recrutement de jeunes Ghanéens qui, attirés par des promesses d’emplois ou de meilleures conditions financières, finissent par se retrouver engagés dans les combats en Ukraine.

62 morts et 15 disparus

Le bilan communiqué par le ministre ghanéen est particulièrement lourd : 62 ressortissants ghanéens ont été tués et 15 autres sont portés disparus. Ces chiffres illustrent l’ampleur prise par le phénomène du recrutement de ressortissants africains dans le conflit.

Samuel Okudzeto Ablakwa a exprimé sa vive préoccupation face à cette situation et a insisté sur la nécessité de mettre un terme à ce qu’il considère comme un recrutement illégal de jeunes Ghanéens.
Pour Accra, ces jeunes ne devraient pas être entraînés dans une guerre qui ne concerne pas directement leur pays. Le ministre a ainsi rappelé que « ce n’est pas notre guerre », soulignant que le conflit russo-ukrainien ne devrait pas se traduire par la perte de vies ghanéennes.

Moscou promet de coopérer avec Accra

Lors de ses discussions avec Sergueï Lavrov, le ministre ghanéen a obtenu l’engagement de la partie russe à travailler avec le Ghana, afin de lutter contre les réseaux impliqués dans le recrutement de jeunes Ghanéens.
Cette coopération constitue un enjeu important pour Accra, qui entend renforcer les mécanismes permettant d’identifier et de stopper les filières de recrutement avant que les candidats ne soient envoyés sur les théâtres d’opérations.

Le chef de la diplomatie ghanéenne a indiqué que son gouvernement continuerait à faire pression sur cette question et à œuvrer à la protection des jeunes Ghanéens exposés à ces risques.

Un phénomène qui dépasse les frontières du Ghana

Le cas ghanéen s’inscrit dans un phénomène plus large impliquant des ressortissants de plusieurs pays africains. Des enquêtes et rapports publiés ces dernières années font état de réseaux proposant à des Africains des emplois ou des rémunérations attractives en Russie avant que certains ne soient orientés vers des fonctions militaires.

Une enquête de l’Agence Anadolu, citant les déclarations du ministre ghanéen, indique que des jeunes Ghanéens ont ainsi été attirés puis engagés dans le conflit. D’autres travaux consacrés au recrutement d’Africains dans l’armée russe font également état de méthodes reposant sur de fausses offres d’emploi, l’intervention d’intermédiaires ou encore des promesses de revenus importants.

Pour les autorités ghanéennes, l’urgence est désormais double : empêcher de nouvelles recrues de tomber dans ces réseaux et obtenir davantage d’informations sur le sort des personnes déjà engagées.

Accra veut protéger sa jeunesse

Face à l’augmentation du nombre de victimes, le gouvernement ghanéen entend maintenir la pression diplomatique sur Moscou. L’objectif affiché est de protéger les jeunes Ghanéens et de mettre fin aux mécanismes qui permettent leur recrutement.

Le bilan de 62 morts et 15 disparus donne ainsi une nouvelle dimension à cette bataille diplomatique. Au-delà des chiffres, ce sont des dizaines de familles ghanéennes confrontées au décès ou à l’incertitude concernant le sort de leurs proches.

Accra veut désormais que la coopération annoncée avec Moscou permette de démanteler les réseaux de recrutement et d’éviter que d’autres jeunes Ghanéens ne viennent grossir les rangs des combattants engagés dans une guerre qui, comme le rappelle le ministre Samuel Okudzeto Ablakwa, ne devrait pas leur coûter la vie.

Thom Biakpa

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