Macron et Tebboune/ AP
Les présidents français et algérien, Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune, ont eu un entretien téléphonique le lundi 31 mars, marquant une étape significative dans la réconciliation des relations entre leurs deux pays. Selon le communiqué conjoint, cet échange a été qualifié de « long, franc et amical », et vise à apaiser les tensions qui ont persisté pendant plus de six mois, notamment en raison de la question du Sahara occidental, qui n’a pas été explicitement abordée dans leurs discussions. Néanmoins, les deux dirigeants ont exprimé leur volonté de rétablir la coopération bilatérale.
Le communiqué souligne un « esprit d’amitié », de « réconciliation » et de « refondation de la relation », mettant en avant plusieurs axes de collaboration, notamment le renforcement de la coopération sécuritaire et migratoire.
Parmi les annonces notables, il a été convenu que le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, se rendra prochainement à Alger. Ce déplacement est d’autant plus significatif qu’il intervient après une brouille diplomatique liée à l’expulsion d’influenceurs algériens, un sujet sur lequel Darmanin s’était personnellement impliqué.
Sur le plan économique, la France a réaffirmé son soutien à l’Algérie dans la renégociation de ses accords d’association avec l’Union européenne, un enjeu crucial pour le développement économique du pays.
Une autre avancée majeure concerne la reprise « sans délai » des travaux de la commission mixte d’historiens, chargée d’explorer la période de la conquête coloniale française en Algérie. Cette commission se réunira prochainement en France et devrait rendre ses conclusions aux deux chefs d’État d’ici l’été 2025.
Enfin, Emmanuel Macron a renouvelé son appel à Abdelmadjid Tebboune en faveur d’un « geste de clémence » pour l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, actuellement emprisonné en Algérie. Ce sujet, parmi d’autres, sera discuté lors de la visite de Jean-Noël Barrot à Alger, prévue pour le dimanche 6 avril, où le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères rencontrera son homologue algérien.
Les deux présidents ont également convenu de la nécessité d’une rencontre prochaine, témoignant ainsi de leur engagement à poursuivre le dialogue et à renforcer les liens entre la France et l’Algérie. Cette relance des relations bilatérales pourrait ouvrir la voie à une coopération plus étroite sur divers fronts, allant de la sécurité à l’économie, tout en abordant des questions sensibles du passé.
Thom Biakpa