Sidi Ould Tah, élu président de la BAD le 29 mai 2025 à Abidjan/ AP
Le 1er septembre, Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, s’apprête à accueillir un événement marquant de la scène financière africaine : la prestation de serment de Sidi Ould Tah, nouvellement élu président de la Banque africaine de développement (BAD). Cette cérémonie symbolisera le passage de relais avec Akinwumi Adesina, son prédécesseur nigérian, qui a terminé deux mandats de cinq ans.
La présence de hautes personnalités est attendue lors de cet événement. Le président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, fidèle soutien de Sidi Ould Tah, ainsi que son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, seront parmi les invités d’honneur. Ouattara, qui a joué un rôle crucial dans le soutien à la candidature de Sidi Ould Tah, prendra également la parole, soulignant l’importance politique et symbolique de cette transition. L’élection de Sidi Ould Tah, en mai dernier, a été marquée par un soutien massif, avec plus de 65 % des voix africaines en sa faveur, renforçant ainsi la légitimité de sa nomination.
Au-delà des chefs d’État, la cérémonie rassemblera des figures importantes du développement et de la finance en Afrique. Des personnalités telles que Serge Ekué, président de la BOAD, George Elombi, à la tête d’Afreximbank, et Dieudonné Evou Mekou, dirigeant de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), sont attendues. La présence des gouverneurs des banques centrales d’Afrique centrale et de l’Ouest, Yvon Sana Bangui et Jean-Claude Kassi Brou, sera également significative pour la stabilité macroéconomique du continent.
La prestation de serment sera officiée par Ludovic Ngatse, ministre congolais de l’Économie, qui apposera le sceau institutionnel avant la signature solennelle de Sidi Ould Tah. Bien que l’événement soit prévu sobre, il revêt un caractère historique, marquant un changement de leadership à la BAD, institution clé des financements en Afrique.
Sidi Ould Tah, ancien ministre de l’Économie de la Mauritanie, a précédemment dirigé la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), où il a considérablement augmenté les financements destinés au secteur privé. À la BAD, il vise à multiplier par dix l’impact des financements et à attirer davantage de capitaux privés, en particulier des pays du Golfe, tout en cherchant à repositionner la BAD au cœur de l’architecture financière du continent.
Par ailleurs, Sidi Ould Tah a exprimé sa préoccupation pour l’emploi des jeunes Africains, un enjeu crucial alors que le continent devrait compter un quart de la population mondiale d’ici 2050. Il estime que la modernisation des infrastructures est essentielle pour soutenir cette croissance démographique et économique, faisant de cet objectif une priorité de son mandat.
La cérémonie du 1er septembre à Abidjan ne sera pas seulement une passation de pouvoir, mais également un moment fort pour le développement économique de l’Afrique, réunissant des leaders et des acteurs clés autour d’une vision commune pour l’avenir du continent.
Thom Biakpa