L’arrestation de Chabi Yayi, fils de l’ancien président béninois Thomas Boni Yayi, marque une nouvelle étape dans le climat politique particulièrement crispé que traverse le Bénin. Interpellé dimanche 14 décembre à son domicile, l’homme, connu pour son engagement au sein du parti d’opposition Les Démocrates, a été conduit par les forces de sécurité sans qu’aucune communication officielle ne précise les raisons exactes de cette mesure.
Cette arrestation intervient une semaine seulement après la tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre, un événement qui a profondément bouleversé la scène politique nationale. À ce stade, aucun lien formel n’a été établi entre Chabi Yayi et les faits reprochés aux auteurs présumés du putsch.
L’ancien chef de l’État, Boni Yayi, s’était publiquement désolidarisé de toute entreprise de déstabilisation, condamnant fermement la tentative de renversement des institutions dans une intervention vidéo diffusée deux jours après les faits.
Une vague d’interpellations dans l’opposition
Depuis l’échec du putsch, les autorités ont multiplié les arrestations et les procédures judiciaires. Plusieurs militaires impliqués ont été arrêtés dès les premières heures, tandis que d’autres restent activement recherchés, parmi lesquels le lieutenant-colonel Pascal Tigri.
Sur le plan politique, la pression s’est également accrue sur les figures de l’opposition. Candide Azannaï, ancien ministre de la Défense, a été placé en garde à vue pour des accusations lourdes, incluant le complot contre l’autorité de l’État et l’incitation à la rébellion. À l’international, un mandat d’arrêt a été émis contre l’activiste panafricaniste Kemi Seba, accusé de faits similaires.
Un pays sous tension à l’approche de la présidentielle
À quelques mois de l’élection présidentielle prévue en avril, le Bénin évolue dans un climat de méfiance et de surveillance renforcée. Les autorités justifient ces mesures par la nécessité de préserver la stabilité institutionnelle, tandis que l’opposition dénonce un durcissement du pouvoir et une restriction des libertés politiques.
L’arrestation de Chabi Yayi, figure à la fois politique et symbolique, illustre la fragilité de l’équilibre actuel et ravive les inquiétudes quant à l’évolution du paysage démocratique béninois dans les mois à venir.
Thom Biakpa




