La capitale nigérienne a vécu une nuit inhabituelle, rythmée par le bruit des armes et des explosions. Aux alentours de minuit, mercredi soir, des détonations puissantes ont rompu le calme autour de l’aéroport international Diori Hamani, plongeant les riverains dans l’inquiétude.
Pendant près de deux heures, des tirs soutenus ont été entendus dans cette zone stratégique située à une dizaine de kilomètres du centre du pouvoir. Ce n’est qu’aux environs de 2 heures du matin que le calme est progressivement revenu, sans qu’aucune explication officielle ne soit fournie par les autorités.
L’aéroport de Niamey n’est pas un site ordinaire. Il concentre plusieurs infrastructures militaires majeures : une base de l’armée de l’air, une base de drones récemment mise en service et le quartier général de la force conjointe réunissant le Niger, le Burkina Faso et le Mali, engagée dans la lutte contre les groupes jihadistes actifs dans la région.
Sur les réseaux sociaux, des vidéos tournées par des habitants montrent des traînées lumineuses fendillant le ciel nocturne, évoquant l’usage de systèmes de défense antiaérienne. Certaines images, non authentifiées de manière indépendante, laissent également apparaître des flammes et des carcasses de véhicules calcinés à proximité du site. Aucun bilan humain ou matériel n’a toutefois été communiqué dans l’immédiat. Des témoins affirment également avoir entendu des sirènes de secours se diriger vers l’aéroport.
Dans ce climat de confusion, un avion de ligne en provenance d’Alger n’a pas pu se poser à Niamey et a été dérouté vers le Burkina Faso, selon des analystes en sources ouvertes. L’enjeu sécuritaire est d’autant plus élevé que l’aéroport abrite actuellement une importante cargaison d’uranium, en attente d’exportation, dans un pays qui figure parmi les producteurs mondiaux de ce minerai stratégique.
Au lever du jour, alors que la situation semblait stabilisée, des partisans du régime militaire ont appelé à la mobilisation dans les rues de la capitale pour « défendre le pays ». Le Niger est dirigé depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 par le général Abdourahamane Tiani, arrivé au pouvoir après la chute du président élu Mohamed Bazoum, dans un contexte régional marqué par des menaces sécuritaires persistantes et une forte instabilité politique.
Thom Biakpa




