Onze jours après une finale de Coupe d’Afrique des nations électrique disputée au Maroc, le dossier disciplinaire ouvert par la Confédération africaine de football (CAF) continue de faire des vagues. Face aux lourdes sanctions infligées à son sélectionneur, le Sénégal a décidé de ne pas rester silencieux. Le gouvernement, par la voix de la ministre de la Jeunesse et des Sports, Khady Diene Gaye, a annoncé son intention de faire appel des décisions de la CAF.
Au cœur de la polémique : la suspension de cinq matches infligée à Pape Bouna Thiaw, assortie d’une amende de 100 000 dollars, soit environ 54 millions de francs CFA. Une sanction jugée excessive par les autorités sénégalaises, qui estiment qu’elle pénalise injustement l’équipe nationale, fraîchement sacrée championne d’Afrique pour la deuxième fois de son histoire.
Pour Dakar, toutes les voies de recours doivent être explorées. La Fédération sénégalaise de football peut saisir les instances internes de la CAF ou porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Une bataille juridique que le gouvernement entend accompagner pleinement. « Nous ne ménagerons aucun effort pour être aux côtés de notre coach », a martelé la ministre, soulignant le rôle central de Pape Thiaw dans le succès des Lions et défendant son attitude, qualifiée de « patriotique ».
Dans l’opinion publique, le sélectionneur bénéficie d’un large soutien. Héros national depuis le sacre continental, il a vu une cagnotte en ligne être rapidement lancée pour l’aider à s’acquitter de l’amende. Mais dans un message empreint de sobriété, Pape Thiaw a lui-même appelé à la suspension de cette initiative, invitant les Sénégalais à orienter leur générosité vers des causes sociales plus urgentes.
Les sanctions de la CAF ne s’arrêtent toutefois pas au sélectionneur. Les internationaux Illiman Ndiaye et Ismaïla Sarr ont écopé chacun de deux matches de suspension pour des propos et comportements jugés antisportifs envers l’arbitre de la finale. La Fédération sénégalaise de football est également lourdement touchée sur le plan financier, avec plusieurs amendes totalisant plus de 600 000 dollars, liées aux critiques de ses dirigeants et aux débordements de supporters lors de la rencontre.
Cette série de sanctions illustre la fermeté de la CAF face aux incidents ayant émaillé la finale, une ligne disciplinaire qui concerne aussi le pays hôte, le Maroc, lui-même sanctionné. Mais à Dakar, le sentiment dominant reste celui d’une décision sévère, voire disproportionnée, à laquelle le Sénégal entend répondre par les voies du droit, tout en affichant une unité sans faille autour de son sélectionneur.
Thom Biakpa




