Le nom de Yaya Touré évoque, pour des millions d’Ivoiriens, des souvenirs de gloire, de victoires et de fierté nationale. Ancien capitaine des Éléphants, quadruple Ballon d’Or africain, le milieu de terrain a longtemps incarné l’excellence sportive du pays sur la scène internationale. Mais depuis quelques jours, ce symbole du football ivoirien se retrouve associé à une polémique d’un tout autre registre, née loin des stades et amplifiée par les réseaux sociaux.
À l’origine de cette affaire : Anicette Konan, journaliste et présentatrice de Journal télévisé sur RTI 2, qui a choisi de rendre publique une action judiciaire engagée contre l’ancien international. Dans une correspondance adressée au procureur de la République, dont plusieurs extraits ont largement circulé en ligne, elle affirme avoir entretenu une relation intime avec Yaya Touré pendant environ un an, de mai 2024 à mai 2025. Selon ses déclarations, cette relation aurait été fondée sur une promesse de mariage religieux.
La journaliste, également chantre chrétienne, affirme être tombée enceinte au cours de cette période et évoque des pressions exercées pour l’amener à interrompre cette grossesse. Elle décrit également des échanges et des comportements qu’elle considère comme humiliants, allant jusqu’à parler de menaces et de propos injurieux. Pour appuyer ses accusations, Anicette Konan indique avoir transmis à la justice divers éléments matériels, notamment des enregistrements audio, des captures de messages, des vidéos et des photos. Une partie de ces contenus a également été diffusée sur les plateformes numériques, contribuant à l’embrasement du débat public.
De son côté, Yaya Touré n’a, jusqu’à présent, formulé aucune réaction officielle. Ce silence, interprété de diverses manières par l’opinion, nourrit les spéculations et divise les internautes entre soutien, indignation et appel à la prudence. La plaignante, quant à elle, réclame des excuses publiques ainsi qu’une réparation financière pour le préjudice moral qu’elle estime avoir subi.
Il est toutefois essentiel de rappeler qu’aucune décision judiciaire n’a encore été rendue. Les faits rapportés restent, à ce stade, des allégations qui devront être examinées par les autorités compétentes. L’authenticité et la valeur probante des éléments évoqués n’ont pas été officiellement confirmées.
Au-delà des protagonistes, cette affaire relance un débat sensible en Côte d’Ivoire : celui de la frontière entre vie privée et responsabilité publique, mais aussi du rôle des réseaux sociaux dans la mise en scène et le jugement d’affaires encore pendantes devant la justice. Dans l’attente d’éventuelles suites judiciaires, l’opinion reste suspendue à une affaire qui touche autant à l’intime qu’à l’image de figures emblématiques du pays.
Thom Biakpa




