En février 2026, la carte de l’endettement africain auprès du Fonds monétaire international (FMI) met en lumière une forte concentration des crédits sur une poignée d’économies. Selon les dernières données disponibles, dix pays cumulent plusieurs milliards de dollars d’encours, traduisant un recours soutenu aux financements extérieurs pour stabiliser leurs finances publiques et soutenir leurs programmes de développement.
Égypte, premier débiteur africain
Avec 5,89 milliards de dollars (équivalent en Droits de Tirage Spéciaux – DTS), l’Égypte arrive en tête du classement africain. Ce niveau d’engagement reflète l’ampleur des besoins de financement d’une économie confrontée à des pressions inflationnistes, à un endettement élevé et à la nécessité de soutenir ses grands projets d’infrastructure.
Les crédits accordés par le FMI visent généralement à appuyer les réformes macroéconomiques, renforcer les réserves de change et stabiliser la monnaie, tout en accompagnant des ajustements budgétaires parfois sensibles sur le plan social.
Côte d’Ivoire et Kenya dans le trio de tête
Derrière l’Égypte, la Côte d’Ivoire totalise 3,63 milliards de dollars d’encours. L’économie ivoirienne, souvent citée parmi les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest, s’appuie sur ces financements pour maintenir son rythme d’investissements publics et préserver la stabilité budgétaire.
Le Kenya suit avec 2,94 milliards de dollars, illustrant les défis auxquels font face les grandes économies d’Afrique de l’Est, entre croissance soutenue, service de la dette et impératifs sociaux.
Un groupe de pays sous pression budgétaire
Le classement se poursuit avec le
Ghana : 2,84 milliards $, l’Angola : 2,50 milliards $, la République démocratique du Congo (RDC ) : 2,22 milliards $, l’Éthiopie : 1,76 milliard $, la Tanzanie : 1,34 milliard $, la Zambie : 1,27 milliard $ et le
Cameroun : 1,18 milliard $
Pour plusieurs de ces États, les financements du FMI s’inscrivent dans des programmes de réformes structurelles à savoir, la rationalisation des dépenses publiques, l’amélioration de la gouvernance financière, la réforme des subventions ou encore l’élargissement de l’assiette fiscale.
Entre soutien au développement et contraintes de réformes
Les montants publiés sont exprimés en DTS, l’unité de compte du FMI, puis convertis en dollars américains pour faciliter la lecture. Au-delà des chiffres, ces encours témoignent d’un double enjeu : financer la croissance tout en évitant une spirale d’endettement.
Routes, barrages, centrales électriques, hôpitaux ou programmes sociaux : les prêts servent souvent à combler des besoins structurels majeurs. Mais ils s’accompagnent également de conditions qui peuvent influencer les politiques économiques nationales, notamment en matière de discipline budgétaire et de gestion de la dette.
En février 2026, ce top 10 illustre ainsi une réalité contrastée : d’un côté, des économies en quête de stabilité et de transformation ; de l’autre, une dépendance accrue aux mécanismes de soutien multilatéraux pour maintenir l’équilibre financier.
Thom Biakpa




