À l’aéroport international de Douala, la vigilance des services douaniers a permis de réaliser l’une des plus importantes saisies de stupéfiants jamais enregistrées au Cameroun. Près de deux tonnes et demie de drogues, soit exactement 2 491 kilogrammes, ont été interceptées dans six cargaisons distinctes dissimulées sous l’apparence de « fournitures médicales ».
L’opération, révélée par un communiqué du ministère des Finances publié le 20 février, marque un tournant dans la lutte contre le trafic international de stupéfiants. Les substances saisies comprennent une tonne de cocaïne et environ une tonne et demie de comprimés de tramadol, un opioïde de synthèse dont l’usage détourné est en forte progression en Afrique.
Un montage logistique sophistiqué
Selon les informations communiquées, la cocaïne provenait de Hambourg, en Allemagne, et a transité par un vol de Brussels Airlines. Quant au tramadol, il est arrivé par Ethiopian Airlines depuis New Delhi, en Inde, et Juba, au Soudan du Sud. Les trafiquants avaient soigneusement dissimulé la marchandise dans des fûts en plastique et des cartons, en tentant de la faire passer pour du matériel médical.
La diversité des provenances et des compagnies aériennes utilisées témoigne d’un schéma logistique élaboré, visant manifestement à brouiller les pistes et à contourner les contrôles classiques.
Une coopération internationale déterminante
Pour le capitaine Gabriel Ngha Nfor, commandant de subdivision des Douanes à l’aéroport de Douala, il s’agit d’une saisie « sans précédent ». Cette réussite s’inscrit dans le cadre d’un dispositif de ciblage et de suivi renforcé, mis en place après une précédente interception de 200 kilogrammes de drogue.
Ce mécanisme repose notamment sur un partage d’informations étroit avec les Douanes françaises, en particulier avec l’attaché douanier basé à l’ambassade de France à Dakar. La collaboration internationale a ainsi permis d’identifier les cargaisons suspectes et de maintenir une surveillance active jusqu’à leur interception.
Un trafic aux ramifications locales
La valeur marchande de la drogue saisie est estimée à 50 milliards de francs CFA, soit environ 76 millions d’euros. Une somme colossale qui souligne l’ampleur du réseau impliqué.
Les expéditeurs identifiés se trouvent à Hambourg, Juba et New Delhi, tandis que les importateurs sont basés à Douala. Pour les autorités, ces volumes inhabituels soulèvent des interrogations majeures : une telle quantité implique nécessairement l’existence de relais locaux, qu’il s’agisse de consommateurs à grande échelle, de receleurs ou de réseaux structurés de distribution.
Plusieurs ressortissants camerounais ont déjà été interpellés, et les investigations se poursuivent, afin de remonter la filière, tant au niveau national qu’international. Les autorités indiquent que la drogue sera remise à la justice avant d’être, en principe, détruite conformément aux procédures en vigueur.
Cette affaire met en lumière les nouveaux circuits empruntés par les trafiquants et rappelle l’importance stratégique des plateformes aéroportuaires dans la lutte contre le crime organisé transnational.
Thom Biakpa




