L’ancien président sénégalais Macky Sall entre dans l’arène diplomatique mondiale. Son nom a été officiellement transmis aux Nations unies pour briguer le poste de secrétaire général, dont le mandat sera renouvelé en 2027. Une candidature portée non pas par Dakar, mais par le Burundi, actuel président en exercice de l’Union africaine.
Une ambition internationale assumée
L’annonce a été faite au siège des Nations unies à New York. La porte-parole de l’Assemblée générale a confirmé la réception de la proposition burundaise. Ce parrainage africain n’a rien d’anodin. Il s’inscrit dans une volonté de promouvoir une représentation accrue du continent au sein des grandes instances internationales.
Macky Sall, qui a dirigé l’Union africaine entre février 2022 et février 2023, avait d’ailleurs fait de cette question un axe central de son action diplomatique. Son entrée dans la course peut ainsi être lue comme le prolongement d’un engagement panafricain visant à renforcer le poids politique de l’Afrique sur la scène mondiale.
Une candidature qui divise au Sénégal
Si la démarche bénéficie d’un soutien continental, elle intervient dans un climat tendu au Sénégal. Les nouvelles autorités issues de l’élection de mars 2024 ont engagé un examen approfondi de la gestion économique de la période 2012-2024.
Le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko ont publiquement évoqué d’éventuelles irrégularités, notamment concernant la dette publique. Cette situation politique délicate pourrait peser sur l’image internationale de l’ancien chef de l’État, même si aucune procédure judiciaire internationale n’est engagée à ce stade.
Une succession déjà très convoitée
Le mandat d’Antonio Guterres prendra fin le 31 décembre 2026. Son successeur entrera en fonction le 1er janvier 2027. Depuis novembre, les États membres peuvent proposer des candidats et la compétition s’organise progressivement.
Deux candidatures sont d’ores et déjà officialisées : celle de l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet et celle de Rafael Grossi, actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Le Costa Rica a, de son côté, exprimé son intention de soutenir l’ancienne vice-présidente Rebeca Grynspan, sans formalisation à ce stade.
La rotation géographique, tradition non écrite de l’ONU, alimente les débats. L’Amérique latine estime que son tour est venu. Par ailleurs, de nombreux États militent pour qu’une femme accède pour la première fois à la tête de l’organisation.
Le filtre décisif du Conseil de sécurité
Au-delà des déclarations et des soutiens symboliques, la clé du processus se trouve au Conseil de sécurité. Ce sont ses membres qui recommandent un candidat à l’Assemblée générale. Les cinq membres permanents que sont les États-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni et la France, disposent chacun d’un droit de veto, capable de bloquer toute candidature.
Le processus de sélection doit s’enclencher d’ici la fin juillet. Pour Macky Sall, comme pour ses concurrents, la campagne s’annonce donc double : convaincre une majorité d’États membres, tout en évitant le veto d’une grande puissance.
À près de deux ans de l’échéance, la bataille diplomatique ne fait que commencer.
Thom Biakpa




