Dix ans se sont écoulés depuis l’attaque terroriste qui a marqué l’histoire récente de la Côte d’Ivoire. Le 13 mars 2016, la paisible station balnéaire de Grand-Bassam était frappée par un attentat meurtrier. Trois hommes armés de fusils d’assaut avaient ouvert le feu sur la plage, faisant 19 morts. Une tragédie qui demeure, encore aujourd’hui, la pire attaque terroriste jamais enregistrée dans le pays.
Pour commémorer ce sombre anniversaire, une cérémonie officielle s’est tenue ce vendredi 13 mars à Grand-Bassam, ville côtière située à l’est d’Abidjan et prisée pour ses plages et son patrimoine historique. Autorités politiques, représentants des forces de défense et familles des victimes s’y sont réunis dans un moment de recueillement.
La cérémonie, marquée par une fanfare militaire et des dépôts de gerbes de fleurs, a rassemblé plusieurs responsables ivoiriens venus honorer la mémoire des disparus.
Parmi eux, figurait le vice-Premier ministre, Téné Birahima Ouattara, par ailleurs, ministre en charge de la défense. Dans son intervention, il a souligné que cette commémoration ne devait pas seulement être un moment de souvenir, mais aussi l’occasion de rappeler les enseignements tirés de cette tragédie.
Selon lui, depuis l’attaque de 2016, la Côte d’Ivoire a renforcé son dispositif sécuritaire. Les forces de défense et de sécurité ont bénéficié de formations supplémentaires et d’équipements modernisés afin de mieux prévenir ce type de menaces et protéger les populations.
La cérémonie a également donné une place importante aux habitants de la ville. Des chorales locales ont interprété des chants en hommage aux victimes, apportant une dimension émotionnelle et communautaire à l’événement.
Pour le maire de Grand-Bassam, Jean-Louis Moulot, la ville a progressivement retrouvé son dynamisme malgré les cicatrices laissées par l’attaque. Il reconnaît que le souvenir demeure, mais insiste sur la capacité des habitants à se relever et à préserver leur mode de vie. Selon lui, cette épreuve a aussi renforcé la cohésion entre les différentes communautés qui composent la ville.
Si les autorités mettent en avant la résilience du pays, certaines blessures restent néanmoins présentes dans la mémoire collective. Louise, ancienne employée d’un hôtel situé sur la plage et fermé après l’attaque, confie que la peur n’a pas totalement disparu. Dix ans plus tard, dit-elle, les séquelles psychologiques demeurent, d’autant plus que la menace terroriste continue d’être évoquée dans certaines régions du nord du pays.
Sur le plan judiciaire, l’affaire a donné lieu à plusieurs condamnations. Dix hommes ont été reconnus coupables de leur implication dans l’attentat et condamnés à la réclusion à perpétuité. Parmi eux, six ont été jugés par contumace.
Une décennie après les événements, la Côte d’Ivoire continue donc d’honorer la mémoire des victimes tout en affirmant sa volonté de ne pas laisser la violence entamer son unité et sa stabilité. Entre devoir de mémoire et volonté de tourner la page, Grand-Bassam reste aujourd’hui le symbole d’une nation déterminée à avancer.
Thom Biakpa




