À Conakry, l’heure était à l’apaisement plutôt qu’à la confrontation. Lundi 16 mars, les chefs d’État de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone ont choisi de se retrouver autour d’une même table pour contenir des tensions frontalières récemment ravivées.
Loin des discours martiaux, les dirigeants ont affiché une ligne claire : privilégier la discussion et les mécanismes diplomatiques pour désamorcer les différends. Cette rencontre, tenue à huis clos, s’est conclue par une déclaration commune insistant sur la nécessité de préserver la stabilité dans l’espace du fleuve Mano, une région régulièrement fragilisée par des litiges de frontières.
Car sur le terrain, la situation s’était brusquement tendue ces dernières semaines. À la frontière entre la Guinée et le Liberia, des heurts ont opposé civils et militaires, faisant au moins un blessé. Dans le même temps, des mouvements de troupes guinéennes ont été observés, alimentant les inquiétudes. Plus tôt encore, des frictions similaires avaient émergé entre Conakry et Freetown, chaque camp accusant l’autre d’incursions.
Face à ces signaux préoccupants, les trois pays ont décidé de passer à une approche plus structurée. Des commissions techniques conjointes seront mises en place pour examiner les questions sensibles liées à la délimitation et à la gestion des frontières, souvent à l’origine des tensions.
La Côte d’Ivoire, présente en qualité d’observateur, a pris part aux échanges, rappelant que ces différends dépassent le cadre strictement bilatéral et concernent l’équilibre de toute la sous-région.
Ce choix du dialogue marque une volonté politique forte, mais constitue aussi un test : celui de la capacité des États ouest-africains à gérer leurs désaccords sans basculer dans l’escalade militaire.
Thom Biakpa




