Engagés dans une opération de destruction de cultures de cannabis près de la frontière gambienne, des militaires sénégalais ont été frappés par un accident meurtrier. Trois d’entre eux ont perdu la vie, tandis que trois autres ont été blessés.
Officiellement, peu de détails ont filtré. L’armée évoque un incident survenu au cours des opérations en cours depuis plusieurs jours. Mais sur le terrain, les récits concordent : un mortier aurait explosé après une surchauffe, frappant les soldats en pleine mission.
Cet épisode met en lumière la réalité de ces interventions, loin d’être de simples opérations de démantèlement agricole. Dans cette région boisée et difficile d’accès, les forces armées avancent avec prudence. Avant de détruire les plantations, elles procèdent souvent à des tirs pour sécuriser la zone, craignant la présence de groupes armés.
Depuis plus d’une semaine, les unités sont déployées dans plusieurs localités du département de Bignona, notamment à Djiakine, Ifanga et Kadialock. Leur objectif est double : éradiquer les champs de cannabis et désorganiser les réseaux qui en tirent profit.
Mais le terrain est hostile. Quelques jours plus tôt, un autre accrochage avait déjà coûté la vie à un soldat et fait plusieurs blessés. Ces attaques, rarement revendiquées, sont attribuées à des groupes criminels actifs dans la région, impliqués à la fois dans le trafic de drogue et l’exploitation illégale du bois.
Dans l’ombre du conflit de basse intensité qui perdure en Casamance, ces opérations rappellent que la région reste instable. Et que derrière la lutte contre les trafics, les militaires sénégalais évoluent dans un environnement où chaque mission peut basculer à tout moment.
Thom Biakpa




