L’affaire dite des « ports africains » connaîtra un nouvel épisode judiciaire majeur à la fin de l’année 2026. Le procès de Vincent Bolloré est désormais programmé. Il se tiendra du 7 au 17 décembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris. Le chef d’entreprise français devra y répondre d’accusations de corruption d’agent public au Togo, ainsi que de complicité d’abus de confiance.
Au cœur du dossier, des faits remontant à la période 2009-2011, en lien avec des campagnes électorales en Afrique de l’Ouest. La justice soupçonne qu’une filiale du groupe Bolloré, active dans la communication, ait fourni des prestations à des conditions particulièrement avantageuses lors d’échéances électorales.
En contrepartie, ces services auraient facilité l’obtention ou le maintien de positions économiques stratégiques, notamment dans la gestion portuaire.
L’enquête s’intéresse en particulier à l’élection présidentielle togolaise de 2010. Des prestations de conseil et de communication auraient été facturées à des tarifs inférieurs à leur valeur réelle. En retour, plusieurs décisions favorables au groupe auraient été prises par la suite, incluant des prolongations de concessions portuaires et des mesures fiscales avantageuses.
Le dossier ne se limite pas au Togo. Des faits similaires sont également examinés en Guinée, en lien avec la campagne présidentielle de la même année. L’information judiciaire, ouverte en 2013, avait conduit à la mise en examen de Vincent Bolloré en 2018.
Une tentative de règlement rapide avait été engagée en 2021 via une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité. L’industriel et deux de ses collaborateurs avaient alors accepté une amende de 375 000 euros chacun. Mais cette procédure avait été rejetée par le tribunal, relançant de facto la voie d’un procès classique. Parallèlement, le groupe Bolloré en tant que personne morale a conclu un accord distinct avec la justice, acceptant de verser 12 millions d’euros dans le cadre d’une convention judiciaire d’intérêt public, ce qui a permis d’éviter des poursuites à son encontre.
Ce procès à venir s’annonce donc comme un moment clé pour un dossier sensible, mêlant enjeux politiques africains et intérêts économiques internationaux.
Thom Biakpa




