La saison des pluies a plongé le Kenya dans une crise majeure, révélant à la fois la vulnérabilité des territoires et les limites des dispositifs de prévention. Depuis le début du mois de mars, les inondations ont causé la mort d’au moins 110 personnes et forcé des milliers d’habitants à abandonner leurs foyers.
Le phénomène, loin de se contenir, s’étend progressivement à une grande partie du pays. À ce jour, 30 des 47 comtés kényans sont touchés. La capitale, Nairobi, paie le tribut le plus lourd avec 37 victimes recensées, notamment en raison de crues soudaines particulièrement violentes. D’autres régions, comme l’Est du pays et la vallée du Rift, enregistrent également des pertes humaines importantes.
Les fortes précipitations ont provoqué la montée rapide de plusieurs cours d’eau. Dans l’ouest, la rivière Nyando est sortie de son lit, engloutissant le pont d’Ahero, un axe stratégique reliant le Kenya à l’Ouganda. Plus au centre, le fleuve Tana River a submergé de vastes surfaces agricoles, aggravant les risques économiques et alimentaires.
Face à l’urgence, Kenya Red Cross Society intensifie ses opérations. Des centaines de personnes ont déjà été évacuées, ainsi que du bétail, tandis que des établissements scolaires ont dû être vidés de leurs élèves pour éviter des drames supplémentaires.
Si les autorités pointent du doigt les dérèglements climatiques pour expliquer l’intensité des pluies, certaines organisations contestent cette lecture partielle. Greenpeace souligne notamment que la déforestation accélérée aggrave les effets des intempéries. Chaque année, des dizaines de milliers d’hectares de forêts disparaissent, réduisant la capacité des sols à absorber l’eau.
Alors que les pluies persistent, les perspectives restent préoccupantes. L’évolution de la situation dépendra autant des conditions météorologiques que de la capacité des autorités à gérer une catastrophe qui, déjà, met à rude épreuve les infrastructures et les populations.
Thom Biakpa




