À Madagascar, une affaire aux accents de crise politique secoue les hautes sphères de l’État. Le parquet a annoncé, le 2 avril, l’inculpation de treize personnes soupçonnées d’avoir participé à un complot visant à éliminer le chef de l’État par intérim, le colonel Michaël Randrianirina.
Selon la procureure Narindra Navalona Rakotoniaina, onze suspects ont déjà été placés en détention, tandis que des mandats d’arrêt ont été lancés contre les autres. L’enquête met en cause des profils de haut rang. Parmi eux, plusieurs officiers supérieurs, dont un général qui aurait publiquement exprimé son intention de participer à un coup d’État.
Les investigations ont permis de mettre en lumière des éléments jugés accablants. Des échanges via WhatsApp, ainsi que des aveux partiels concernant l’utilisation de fonds pour financer l’opération, figurent dans le dossier.
Des perquisitions ont également conduit à la saisie de sommes importantes d’argent liquide et d’armes au domicile de certains suspects.
Parmi les figures centrales de cette affaire apparaît le colonel Patrick Rakotomamonjy, ancien cadre de la présidence limogé en janvier, présenté comme l’un des organisateurs du projet.
Cette affaire intervient dans un climat politique déjà fragile. Le pays traverse une période de transition depuis la chute de l’ancien président Andry Rajoelina, contraint de quitter le pouvoir après des manifestations menées notamment par des jeunes dénonçant les pénuries d’eau et d’électricité. Le colonel Randrianirina, soutenu par une partie de l’armée, a depuis, pris les rênes du pays.
Engagé à organiser des élections d’ici fin 2027, le dirigeant intérimaire a récemment formé un nouveau gouvernement. Une décision qui suscite des critiques, notamment en raison de l’absence de représentants du mouvement de jeunesse ayant joué un rôle clé dans le renversement de son prédécesseur.
Dans ce contexte tendu, les révélations autour de ce complot présumé viennent accentuer les incertitudes sur la stabilité politique de Madagascar.
Thom Biakpa




