À Cotonou comme dans le reste du pays, le calme a dominé la journée électorale du dimanche 12 avril au Bénin. Près de huit millions de citoyens étaient appelés à désigner le futur chef de l’État, alors que le président sortant, arrivé au terme de ses deux mandats, s’apprête à quitter ses fonctions.
Dès la fermeture des bureaux de vote, le dépouillement a été lancé sans délai. Les premières tendances officielles sont attendues dans les prochains jours, au fur et à mesure de la centralisation des résultats. Sur le terrain, les opérations de vote se sont globalement déroulées sans incident majeur, contrastant avec les difficultés logistiques observées lors des précédentes échéances électorales en début d’année.
Le scrutin s’est joué entre deux figures : d’un côté, Romuald Wadagni, représentant du pouvoir en place et figure de la continuité économique ; de l’autre, Paul Hounkpè, candidat d’une opposition qualifiée de modérée. Mais l’élection s’est tenue dans un contexte particulier, marqué par l’absence du principal parti d’opposition, Les Démocrates, écarté du processus faute d’avoir rempli les conditions de parrainage.
Dans les centres de vote de la capitale, la mobilisation est apparue inégale. Certains bureaux ont connu une fréquentation modeste, tandis que les soutiens du camp présidentiel affirmaient que la participation était plus élevée en milieu rural. Ce contraste alimente déjà les discussions autour de la représentativité du scrutin.
Chez les électeurs rencontrés, les motivations étaient diverses : certains ont exprimé leur adhésion à la poursuite des politiques actuelles, d’autres ont évoqué un désir de changement partiel, tandis qu’une frange non négligeable a manifesté son mécontentement en déposant des bulletins nuls.
De nombreuses irrégularités signalées
Des irrégularités ont marqué la présidentielle du 12 avril au Bénin, malgré un déroulement globalement calme. C’est le constat dressé à Cotonou par la plateforme électorale de la société civile, qui avait déployé près de 1 800 observateurs à travers le pays.
Selon Étienne Adossou, plusieurs anomalies ont été relevées dès les premières heures du vote. Certains bureaux ont ouvert avant l’heure légale de 7 heures, tandis que d’autres, notamment dans le nord, ont accusé des retards importants, parfois au-delà de 9 heures.
Plus préoccupant, des soupçons de bourrage d’urnes ont été signalés. Dans certaines localités, des urnes contenaient déjà des dizaines de bulletins avant même l’arrivée des premiers électeurs. Des cas de votes multiples ont également été rapportés.
Au total, plus d’une centaine d’alertes ont été enregistrées par les observateurs, principalement liées à ces dysfonctionnements.
Malgré tout, la majorité des indicateurs reste conforme : présence du personnel électoral, matériel disponible et procédures d’identification globalement respectées. Les forces de sécurité, bien que visibles, ne sont pas intervenues dans le processus.
La plateforme appelle désormais les autorités électorales à garantir la transparence jusqu’à la proclamation des résultats et à faire la lumière sur les irrégularités constatées.
Alors que le pays entre désormais dans la phase décisive de compilation des résultats, l’attention reste tournée vers les chiffres officiels à venir, qui détermineront si cette élection confirmera une continuité politique ou ouvrira une nouvelle séquence.
Thom Biakpa




