Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la lutte contre le terrorisme au Nigeria. À l’issue d’un vaste procès collectif tenu à Abuja, la Haute Cour fédérale a condamné 386 personnes poursuivies pour des faits liés à l’extrémisme violent. Cette décision, rendue après quatre jours d’audience, s’inscrit dans une opération judiciaire d’envergure impliquant au total 508 accusés.
Selon le procureur général de la fédération et ministre de la justice, Lateef Fagbemi,
les juges ont également prononcé huit libérations pour insuffisance de preuves et deux acquittements. Les peines infligées varient considérablement, allant de cinq ans de prison à la réclusion à perpétuité, en fonction de la gravité des charges retenues. Les dossiers restants seront examinés lors d’une prochaine session prévue à la mi-juin 2026.
Ces condamnations ont été saluées à l’international, notamment par les États-Unis, qui y voient un progrès significatif dans la lutte contre l’extrémisme. Massad Boulos, conseiller américain pour les affaires africaines, a souligné l’importance de cette avancée en matière de responsabilité judiciaire. De son côté, le département d’État américain a insisté sur le rôle crucial de procédures rapides et transparentes pour renforcer la confiance du public dans les institutions.
Ce soutien intervient dans un contexte de coopération sécuritaire accrue entre Washington et Abuja. Les États-Unis ont récemment débloqué plus de 400 millions de dollars pour appuyer les efforts de sécurité en Afrique de l’Ouest et ont déployé environ 200 militaires pour former les forces nigérianes. Cette assistance inclut également un appui en renseignement et s’inscrit dans la continuité des frappes menées fin 2025 contre des groupes affiliés à l’organisation dans le nord-ouest du pays.
Sur le plan judiciaire, les autorités nigérianes mettent en avant la rigueur du processus. Dix juges ont été mobilisés dans une cour spéciale, avec la participation d’observateurs internationaux issus notamment des Nations unies, de Amnesty International, de la Communauté nigériane des droits humains et de l’Ordre des Avocats du Nigeria. Cette supervision vise à garantir le respect des droits fondamentaux et la transparence des procédures.
Enfin, au-delà des peines, les autorités ont prévu des programmes de déradicalisation pour les condamnés. L’objectif affiché est de favoriser leur réinsertion sociale à long terme, tout en réduisant les risques de récidive.
Depuis le lancement de ces procès en 2017, plus de 2 000 affaires liées au terrorisme ont été traitées au Nigeria, illustrant une volonté affirmée de répondre judiciairement à une menace persistante.
Thom Biakpa




