Le chef de l’État nigérien, Abdourahamane Tiani, a annoncé vendredi 13 février lors d’une interview accordée aux médias nigériens, une nouvelle étape dans le renforcement sécuritaire régional. Selon le chef de la transition nigérienne, la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES) comptera désormais 6 000 soldats, contre 5 000 initialement prévus. Une décision présentée comme une réponse directe à la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans la zone des « trois frontières ».
Cette montée en effectifs intervient dans un contexte marqué par des attaques répétées de groupes armés opérant à travers le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ces mouvements, souvent mobiles et transnationaux, ciblent aussi bien les forces de défense que les civils, mettant à rude épreuve les capacités nationales de riposte.
Une architecture militaire repensée
Au-delà du simple renforcement numérique, les autorités sahéliennes misent sur une réorganisation structurelle. L’objectif : améliorer la coordination opérationnelle, fluidifier le partage de renseignements et accélérer les interventions conjointes. Les chaînes de commandement ont été ajustées et la répartition des unités revue afin de permettre une meilleure couverture des zones sensibles.
Selon les autorités nigériennes, cette restructuration doit offrir davantage de souplesse tactique face à des menaces évolutives. L’enjeu est également logistique : mutualiser les ressources, harmoniser les équipements et rationaliser les déploiements sur des territoires vastes et difficiles d’accès.
Une coopération sécuritaire assumée
Officiellement lancée en décembre 2025 à Bamako, la force conjointe de l’AES symbolise la volonté des trois États de privilégier une approche souveraine et coordonnée de la sécurité régionale. En centralisant leurs moyens militaires, les pays membres cherchent à gagner en autonomie stratégique et à renforcer leur capacité de planification commune.
Pour Niamey, cette augmentation d’effectifs envoie un signal clair : face aux défis sécuritaires persistants, l’AES entend adapter son dispositif et consolider son ancrage militaire dans l’espace sahélien. La dynamique engagée traduit une ambition affirmée de bâtir une réponse collective durable aux crises qui secouent la région.
Thom Biakpa




