C’est une page majeure de la vie politique béninoise qui se tourne. L’ancien président de la République, Thomas Boni Yayi, a annoncé, dans une correspondance datée du 3 mars 2026, son retrait de la présidence du parti Les Démocrates (LD), principale formation de l’opposition au Bénin.
Une décision motivée par la santé
Dans sa lettre adressée aux responsables et militants du parti, l’ex-chef de l’État invoque des raisons personnelles. Il affirme vouloir mettre un terme à ses activités politiques au sein de la formation afin de préserver sa santé et consacrer davantage de temps au repos. Cette décision, précise-t-il, est le fruit d’une réflexion approfondie.
Après plusieurs années à incarner la figure centrale du parti qu’il a fondé, Boni Yayi choisit ainsi de s’effacer de la direction active, sans pour autant rompre avec les valeurs qu’il dit continuer de défendre.
Une transition encadrée
Souhaitant éviter toute vacance à la tête du mouvement, l’ancien président confie la gestion du parti aux vice-présidents et aux instances dirigeantes, conformément aux textes internes, jusqu’à la tenue du prochain congrès.
Ce passage de témoin se veut organisé et respectueux des procédures statutaires, dans un contexte où le parti traverse une période délicate sur le plan électoral et organisationnel.
Un parti fragilisé par les revers électoraux
Le retrait de Boni Yayi intervient après une série de déconvenues pour Les Démocrates. Lors des élections législatives du 11 janvier 2026, le parti n’a obtenu aucun siège à l’Assemblée nationale. Quelques semaines plus tard, sa candidature à l’élection présidentielle du 12 avril 2026 a été invalidée.
En cause : un déficit d’un seul parrainage. Le dossier de candidature n’a recueilli que 27 signatures, alors que 28 étaient requises. Ce manque est notamment lié au retrait du soutien du député Michel Sodjinou, qui a contesté la désignation du ticket présidentiel composé de l’avocat Renaud Agbodjo et de l’ancien député Judes Lodjou.
Ces épisodes ont mis en lumière des tensions internes et provoqué plusieurs départs au sein du parti, dont celui de Chabi Georges Nadjim Yayi, fils de l’ancien président.
Un appel à l’unité
Malgré ce contexte difficile, Boni Yayi appelle les militants à préserver l’unité et à privilégier une gestion consensuelle. Son message, empreint de gravité et de références religieuses, exhorte les responsables à rester fidèles à l’esprit du parti et à poursuivre le combat politique dans la cohésion.
En se retirant officiellement de la présidence des Démocrates, Thomas Boni Yayi marque la fin d’un cycle. Reste désormais à savoir comment le parti saura se réorganiser et redéfinir sa stratégie à l’approche des prochaines échéances politiques au Bénin.
Le parti se réunit en urgence
Au sein du parti Les Démocrates, l’heure est à la réflexion et aux discussions après l’annonce inattendue de la démission de leur figure emblématique, l’ancien président béninois Thomas Boni Yayi. Réunis en urgence mercredi 4 mars 2026 au siège du parti, les principaux responsables politiques ont tenu une séance de travail d’un peu plus d’une heure pour examiner la situation.
À l’issue de cette réunion de crise, aucune décision officielle n’a été prise concernant la lettre de démission adressée par l’ancien chef de l’État. Le parti préfère, pour l’instant, faire preuve de prudence avant de se prononcer.
Le secrétaire à la communication du parti, Guy Mitokpè, a indiqué que la direction souhaite d’abord échanger directement avec leur leader historique. Selon lui, l’importance de Thomas Boni Yayi dans l’histoire et l’organisation du parti impose une approche mesurée. Les responsables jugent nécessaire de le rencontrer afin de mieux comprendre les motivations de sa décision et d’évaluer la suite à donner.
Dans cette perspective, le comité permanent envisage de constituer rapidement une délégation chargée d’aller à la rencontre de l’ancien président. L’objectif est d’organiser cet entretien avant la prochaine réunion de coordination nationale prévue pour le vendredi 6 mars.
Initialement, cette rencontre devait porter principalement sur la stratégie du parti en vue de l’élection présidentielle du 12 avril prochain, scrutin au cours duquel les Béninois seront appelés à élire un président pour un mandat de sept ans. Toutefois, l’annonce de la démission de Thomas Boni Yayi devrait désormais occuper une place centrale dans les discussions.
Entre volonté de dialogue et incertitude sur l’avenir immédiat du parti, les dirigeants des Démocrates semblent déterminés à privilégier la concertation avant toute prise de position officielle.
Thom Biakpa




