À six semaines de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, le paysage politique béninois est secoué par une annonce inattendue. Thomas Boni Yayi et son fils Chabi Georges Nadjim Yayi ont quitté le parti Les Démocrates. L’information a été rendue publique mercredi 4 mars par Guy Mitokpè, secrétaire national à la communication de la formation, via sa page Facebook.
Une double démission aux contours flous
Le premier départ officialisé est celui de Chabi Georges Nadjim Yayi, jusque-là secrétaire aux relations extérieures du parti. Sa lettre de démission aurait été transmise le jour même à la direction. Les raisons précises de sa décision n’ont pas été détaillées. Quelques heures plus tard, l’annonce du retrait de son père, fondateur et président du parti, est venue amplifier l’onde de choc. Là encore, aucune explication officielle n’a été fournie sur les motivations ou les circonstances ayant conduit à cette décision. Ce double départ intervient dans un contexte déjà fragilisé, où les tensions internes s’étaient accumulées depuis plusieurs mois.
Un parti écarté de la présidentielle
Les Démocrates ne prendront pas part à la présidentielle du 12 avril. La Commission électorale nationale autonome (CENA) a rejeté la candidature du parti, estimant que le nombre requis de parrainages n’était pas atteint.
Le binôme formé par l’avocat Renaud Agbodjo et l’ancien député Judes Lodjou n’a obtenu que 27 signatures validées, alors que le Code électoral en exige au minimum 28. La Cour constitutionnelle a confirmé la décision, rejetant les recours introduits par le parti.
L’échec s’est joué à une signature près. Le député Michel Sodjinou avait retiré son parrainage, dénonçant publiquement une « dérive d’un leadership sans partage » et une gestion jugée opaque au sein du parti.
Une série de revers depuis 2025
La crise actuelle s’inscrit dans une séquence plus large de turbulences. Lors des élections législatives du 11 janvier 2026, Les Démocrates n’ont obtenu aucun siège, alors qu’ils comptaient 28 députés à l’issue du scrutin de 2023. Cette déconvenue électorale avait été précédée par plusieurs départs internes. Trois vice-présidents avaient quitté leurs fonctions, tandis que six députés, dont Michel Sodjinou, s’étaient retirés du groupe parlementaire au cours de la deuxième session ordinaire de 2025.
À ces difficultés politiques se sont ajoutées des complications judiciaires. En décembre 2025, Chabi Yayi avait été interpellé par la Brigade criminelle dans le cadre des enquêtes liées à la tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre contre le président Patrice Talon. Il avait ensuite été remis en liberté provisoire sous convocation judiciaire, la procédure restant en cours.
Quel avenir pour Les Démocrates ?
Privé de candidat à la présidentielle, sans représentation parlementaire et désormais sans son fondateur, le parti aborde une phase décisive de son existence. La question de la succession à la tête de la formation et de sa restructuration interne s’impose désormais comme un enjeu central.
Dans un contexte politique marqué par la recomposition et les rivalités, Les Démocrates devront rapidement clarifier leur ligne et leur leadership s’ils souhaitent rester un acteur significatif de la vie politique béninoise.
Thom Biakpa




