Une controverse secoue actuellement le Bénin suite à la diffusion d’enregistrements audio attribués au panafricaniste Kemi Seba, connus pour ses positions critiques envers le gouvernement béninois et la France. Les contenus, partagés massivement sur WhatsApp et les réseaux sociaux, suscitent une forte inquiétude quant à la sécurité publique et la responsabilité des acteurs politiques.
Des propos alarmants circulent en ligne
Selon les audios, présentés comme des échanges entre Kemi Seba et un certain Agbaza, plusieurs projets d’attaques contre des personnalités politiques seraient évoqués. Les enregistrements mentionneraient l’usage d’armes, y compris de grenades et de tireurs d’élite, ainsi que des cibles potentielles lors de rassemblements publics tels que les Vodun Days. Ces révélations ont provoqué stupeur et indignation sur les réseaux sociaux.
Entre contestation de l’authenticité et mise au point
Face à la diffusion des fichiers, certains soutiens de Kemi Seba ont d’abord émis des doutes sur leur authenticité, évoquant la possibilité de manipulations ou de montages réalisés via l’intelligence artificielle. Kemi Seba lui-même a pris la parole dans une vidéo publiée sur ses réseaux. Il reconnaît avoir eu des échanges avec l’individu cité, mais affirme que les extraits circulant auraient été sortis de leur contexte, sans clarifier précisément les passages incriminés. Cette explication n’a pas apaisé les inquiétudes, laissant persister le flou autour de la portée réelle des propos.
Réactions et pressions publiques
La diffusion des audios a provoqué une vague de critiques, même parmi les proches du militant. Sur Facebook, Cornélia Glele a dénoncé un « discours alarmant » et a appelé à des sanctions judiciaires. De son côté, l’influenceur Aquilas Cronos Hounkanlin a relaté avoir été bloqué par Kemi Seba après avoir commenté la vidéo, rappelant la gravité des références à des financements et des tentatives de déstabilisation évoquées dans les enregistrements. Habib Ahandessi a également jugé les propos « indéfendables » et s’est déclaré préoccupé par la possibilité de violences de grande ampleur.
Enjeux sécuritaires et contexte légal
Dans le droit béninois, tout appel à la violence ou à des actions armées contre des institutions ou des citoyens constitue une infraction pouvant entraîner des poursuites pour atteinte à la sûreté de l’État ou incitation à des actes criminels. Kemi Seba fait déjà l’objet d’un mandat d’arrêt et est poursuivi dans le cadre du coup d’État manqué du 7 décembre dernier, renforçant le poids symbolique et judiciaire de cette affaire.
Cette polémique met en lumière les tensions persistantes entre certains militants panafricanistes et les autorités béninoises, tout en soulevant des questions sur la sécurité publique et la responsabilité des acteurs dans un contexte politique déjà sensible.
Thom Biakpa




