Dans un contexte sécuritaire toujours tendu au nord du Bénin, les Forces armées béninoises (FAB) font état d’un important coup porté aux groupes jihadistes actifs dans la région. Selon un bilan communiqué par une source militaire, 45 combattants armés ont été neutralisés entre octobre et décembre 2025 au cours d’opérations ciblées menées dans les zones frontalières.
Depuis plusieurs années, le septentrion béninois est exposé à des incursions violentes en provenance du Burkina Faso et du Niger, où opèrent des groupes affiliés à Al-Qaïda. Face à cette menace persistante, l’armée a renforcé sa présence et multiplié les actions offensives. Les opérations du dernier trimestre 2025 auraient ainsi permis, outre les neutralisations, l’arrestation de sept individus soupçonnés de liens avec des réseaux terroristes, désormais remis à la justice.
Le matériel saisi lors des accrochages témoigne du niveau d’organisation des groupes armés. Les soldats béninois déclarent avoir récupéré des armes de guerre, des motos utilisées pour la mobilité rapide, des bidons de carburant ainsi que des effets militaires. Autant d’éléments qui, selon l’état-major, confirment la volonté des jihadistes de s’implanter durablement dans certaines zones rurales et forestières.
L’armée met en avant une montée en puissance progressive de ses capacités opérationnelles. Formation renforcée, effectifs accrus et meilleure coordination sur le terrain auraient permis de contenir, au moins partiellement, l’expansion des groupes armés le long des frontières nord. Les responsables militaires estiment que la pression constante exercée empêche désormais ces derniers de disposer de bases stables sur le territoire béninois.
Cette stratégie s’inscrit dans le cadre de l’opération « Mirador », lancée en 2022 pour faire face à la menace jihadiste. Initialement dotée de 3.000 soldats, l’opération a été consolidée par le recrutement de 5.000 militaires supplémentaires, chargés de sécuriser les zones les plus exposées.
Malgré ces efforts, la situation reste préoccupante. Les attaques contre les positions de l’armée se sont multipliées ces derniers mois, notamment celles attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). En avril 2025, une offensive revendiquée par ce groupe avait causé la mort de 54 soldats béninois, rappelant la capacité de nuisance intacte des organisations jihadistes dans la région.
Si le bilan revendiqué par les FAB traduit une dynamique offensive assumée, les autorités reconnaissent que la menace demeure. Dans le nord du Bénin, la lutte contre les groupes armés s’inscrit désormais dans un combat de longue durée, où chaque succès militaire reste fragile face à l’instabilité persistante du Sahel voisin.
Thom Biakpa




