La détérioration des relations entre le Bénin et le Niger a franchi un nouveau seuil avec l’expulsion réciproque de diplomates annoncée le dimanche 4 janvier par plusieurs sources diplomatiques. Cet épisode illustre l’enlisement d’une crise bilatérale qui dure depuis la prise de pouvoir des militaires à Niamey en juillet 2023.
Selon des sources concordantes, les autorités béninoises ont, la semaine précédente, contraint un agent de renseignement et un policier affectés à l’ambassade du Niger à Cotonou à quitter le territoire. Aucune justification officielle n’a été communiquée à ce sujet. En réponse, le Niger a déclaré persona non grata le premier conseiller de l’ambassade du Bénin à Niamey, lui accordant un délai de 48 heures pour partir, invoquant un « principe de réciprocité ».
Au-delà de ces mesures diplomatiques, c’est un climat de profonde méfiance qui s’installe entre les deux États voisins. Le régime militaire nigérien, engagé dans une ligne politique affirmée comme souverainiste et anti-impérialiste, accuse régulièrement le Bénin d’agir contre ses intérêts, notamment en raison de la proximité de Cotonou avec les puissances occidentales. Des accusations que les autorités béninoises rejettent systématiquement.
Les tensions se sont encore accentuées début décembre, après une tentative de coup d’État déjouée au Bénin. Des soupçons de soutien en provenance de Niamey ont alors circulé, contribuant à détériorer davantage des relations déjà fragilisées.
L’échange d’expulsions diplomatiques apparaît ainsi comme un symptôme supplémentaire d’un bras de fer politique et sécuritaire entre deux pays autrefois liés par une coopération étroite. À ce stade, aucun signe d’apaisement n’a été officiellement exprimé par l’une ou l’autre des capitales.
Thom Biakpa




