Au Burkina Faso, la Transition amorce un nouveau tournant. Le président Ibrahim Traoré a procédé, le lundi 12 janvier 2026, à un remaniement gouvernemental d’envergure, sur proposition du Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo. Une recomposition pensée comme un outil de combat face à une crise sécuritaire persistante et à des défis économiques et sociaux de plus en plus pressants.
La nouvelle architecture gouvernementale se veut plus ramassée, plus lisible et surtout plus opérationnelle. Avec 22 membres dont trois ministres d’État, 17 ministres et deux ministres délégués, l’exécutif affiche une volonté claire : concentrer l’action publique sur les secteurs jugés vitaux pour la survie et la stabilisation du pays.
Le choix des profils, un message politique fort
Le cœur du remaniement réside dans la nomination de figures issues des sphères stratégiques. À la Défense, le général de division Célestin Simporé accède au rang de ministre d’État, symbole du poids accordé à la question sécuritaire. L’agriculture, pilier de la résilience nationale, est confiée au commandant Ismaël Sombié, lui aussi ministre d’État, dans un portefeuille élargi intégrant l’eau et les ressources animales.
L’administration territoriale, autre levier clé de l’autorité de l’État, revient à Émile Zerbo, tandis que Mikaïlou Sidibé prend la tête d’un nouveau ministère à forte charge symbolique : la Construction de la Patrie. Du côté de la jeunesse et de l’emploi, Annick Lydie Djouma Pikbougoum/Zingué Quattara hérite d’un département stratégique dans un contexte de fortes attentes sociales. Trois ministres délégués viennent compléter l’équipe, notamment pour renforcer la gestion budgétaire, le secteur des ressources animales et la diplomatie.
Continuité et ajustements ciblés
Si le gouvernement se renouvelle, il ne rompt pas avec l’existant. Les principaux portefeuilles régaliens conservent leurs titulaires. L’Économie et les Finances restent sous la conduite d’Aboubakar Nacanabo, la Sécurité sous celle de Mahamadou Sana, les Affaires étrangères sous Karamoko Jean Marie Traoré, et la Communication demeure pilotée par Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, également porte-parole du gouvernement.
Cette continuité traduit une volonté de préserver les équilibres sur les dossiers sensibles, tout en procédant à des ajustements ciblés là où l’exécutif estime nécessaire de renforcer l’impact de l’action publique.
Une transition sous pression
Ce remaniement intervient dans un contexte national tendu, marqué par l’insécurité, les défis humanitaires et des attentes sociales croissantes. À travers cette nouvelle équipe, les autorités de la Transition entendent afficher une gouvernance plus cohérente, plus offensive et davantage alignée sur les priorités du moment.
Reste désormais à transformer cette recomposition politique en résultats concrets sur le terrain, là où l’État est attendu avec le plus d’urgence.
Thom Biakpa




