Le ton est monté entre les autorités burkinabè et l’ONG Human Rights Watch à la suite de la publication d’un rapport accablant sur la conduite de la lutte antiterroriste dans le pays.
Dans un document intitulé « Personne ne pourra s’échapper », l’organisation affirme qu’environ 1 800 civils ont été tués au cours des deux dernières années. Selon ses conclusions, une majorité de ces victimes, plus de 65 %, aurait péri lors d’opérations menées par les forces de sécurité burkinabè et leurs supplétifs civils, notamment les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
Ces accusations ont été catégoriquement rejetées par le gouvernement, qui dénonce un rapport mensonger et dénué de fondement. Dans un communiqué publié le 5 avril 2026, les autorités parlent d’un document biaisé, reposant sur des « allégations graves » et des « conjectures », accusant l’ONG de déformer la réalité de la situation sécuritaire.
Le porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouedraogo, a vivement critiqué la méthodologie employée, évoquant des approximations et une volonté délibérée de nuire à l’image des forces engagées contre les groupes armés. Il a également défendu l’action de l’armée, assurant que ses opérations sont guidées par le souci de protéger les populations civiles.
Plus largement, le pouvoir burkinabè voit dans cette publication une tentative de déstabilisation, allant jusqu’à accuser certaines organisations internationales de servir des intérêts étrangers hostiles. Le communiqué emploie des termes particulièrement durs, assimilant ces critiques à des manœuvres « néocoloniales » et « impérialistes ».
Sans détailler précisément les points contestés dans l’enquête, le gouvernement affirme néanmoins se réserver le droit de prendre des mesures contre ce qu’il considère comme des campagnes de désinformation.
De son côté, Human Rights Watch assure que son travail repose sur une enquête approfondie, menée auprès de plus de 450 personnes. L’ONG indique avoir recueilli des témoignages à la fois au Burkina Faso et dans plusieurs pays voisins, en s’appuyant également sur des sources ouvertes pour documenter les violences signalées.
Cette réaction du gouvernement burkinabè illustre les fortes divergences d’interprétation autour de la conduite de la guerre contre le terrorisme dans le pays, dans un contexte où la situation sécuritaire demeure particulièrement fragile.
Thom Biakpa




