Au Burkina Faso, un verdict très attendu est tombé ce vendredi 27 mars à Ouagadougou dans une affaire de détournement de fonds publics qui a profondément marqué l’opinion. L’ancienne ministre de l’Action humanitaire, Laure Zongo/Hien, a été condamnée à cinq ans de prison ferme pour son implication dans un système de malversations visant des ressources destinées aux populations déplacées par les violences terroristes.
Au cœur du dossier, plus de 3 milliards de francs CFA, soit environ 4,6 millions d’euros, auraient été indûment captés par plusieurs responsables du ministère. Selon la justice, ces fonds devaient servir à soutenir plus de deux millions de personnes contraintes de fuir leurs localités.
Le principal accusé, Camille Yé Yaké, en charge des finances au sein du ministère, a écopé de la sanction la plus sévère : 11 ans de prison ferme, assortis d’une lourde amende dépassant 700 000 euros. Le tribunal l’a considéré comme un acteur central du dispositif frauduleux.
L’affaire ne se limite pas à ces deux figures. Six autres agents étaient également poursuivis pour des faits allant du détournement à l’enrichissement illicite et au blanchiment. Parmi eux, un prévenu a été condamné à cinq ans ferme, un autre à une peine avec sursis, tandis que quatre ont été relaxés faute de preuves suffisantes.
Ce procès s’inscrit dans la continuité d’une première procédure liée à l’affaire dite « Amidou Tiegnan ». Ce fonctionnaire, déjà condamné fin 2024 pour des faits similaires, avait mis en cause plusieurs de ses collègues, déclenchant cette nouvelle vague de poursuites.
D’après le parquet, les accusés auraient mis en place des mécanismes sophistiqués pour détourner les fonds publics : facturations gonflées, contrats fictifs et signatures falsifiées figuraient parmi les méthodes utilisées.
Ce jugement marque une étape importante dans la lutte contre la corruption dans un contexte particulièrement sensible, où les ressources publiques sont cruciales pour faire face à une crise humanitaire majeure.
Thom Biakpa




