Les huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 ont rendu leur verdict mardi 6 janvier au Maroc, avec le succès net de la Côte d’Ivoire face au Burkina Faso (3-0). Une première phase à élimination directe qui n’a laissé que peu de place à l’imprévu, mais qui a offert son lot d’enseignements, de confirmations et de désillusions.
Les puissances africaines en démonstration
Cette CAN 2025 n’a rien d’une révolution. Elle est, au contraire, une confirmation éclatante de la hiérarchie continentale. À l’issue des huitièmes, tous les grands noms sont encore debout : le Maroc, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, l’Algérie et le Nigeria, rejoints par un Cameroun solide et un Mali accrocheur.
Un tableau final prestigieux, qui promet des quarts de finale d’un niveau rarement atteint, mais qui laisse aussi un léger goût d’inachevé pour les amateurs de contes improbables.
Brahim Diaz, visage de la régularité marocaine
S’il fallait un symbole de cette CAN maîtrisée par les favoris, il porterait sans doute le maillot marocain. Match après match, Brahim Diaz continue de faire parler son efficacité. Encore décisif face à la Zambie, le milieu offensif du Real Madrid affiche une statistique impressionnante : un but par rencontre. Avec quatre réalisations, il domine le classement des buteurs et s’impose comme l’un des joueurs majeurs du tournoi.
Hakimi, un retour qui change tout
Autre satisfaction côté marocain : le retour gagnant d’Achraf Hakimi. Absent depuis une grave blessure à la cheville contractée début novembre, le latéral du PSG a retrouvé une place de titulaire au meilleur moment. Son influence s’est immédiatement fait sentir, notamment sur la passe décisive menant au but libérateur de Brahim Diaz. Une bonne nouvelle pour Walid Regragui, à l’heure où la compétition entre dans sa phase la plus exigeante.
Le Nigeria, machine offensive incontrôlable
S’il y a une équipe qui impressionne autant qu’elle inquiète, c’est bien le Nigeria. Les Super Eagles empilent les buts avec une facilité déconcertante : deux contre la Tanzanie, trois face à la Tunisie puis à l’Ouganda, quatre contre le Mozambique.
Portée par un Ademola Lookman omniprésent, un Victor Osimhen toujours aussi clinique et un collectif parfaitement huilé, l’attaque nigériane semble capable de faire exploser n’importe quelle défense.
Des huitièmes souvent tendus, parfois irrespirables
Si certaines affiches ont tourné à la démonstration notamment le Sénégal, le Nigeria et la Côte d’Ivoire qui n’ont laissé aucune chance à leurs adversaires, d’autres rencontres ont tenu le public en haleine jusqu’au bout.
Le Maroc a longtemps buté sur le bloc tanzanien, le Cameroun a souffert pour écarter l’Afrique du Sud, tandis que l’Algérie et l’Égypte ont dû attendre les derniers instants, voire les prolongations, pour se qualifier. Le sommet du suspense restera toutefois le duel Mali–Tunisie, véritable condensé de tension et de rebondissements.
La Tunisie, une élimination qui laisse des traces
C’est sans doute l’image la plus marquante et la plus cruelle de ces huitièmes de finale. Supérieure dans tous les compartiments du jeu, en contrôle total du ballon, en supériorité numérique pendant plus de 90 minutes, la Tunisie semblait avoir fait le plus dur en ouvrant le score à la 88e minute.
Mais le football africain sait se montrer impitoyable. Rejointe sur penalty dans le temps additionnel, puis éliminée aux tirs au but après avoir encore laissé filer l’avantage, la Tunisie quitte la compétition par la petite porte. Une sortie douloureuse, symptomatique d’un manque de lucidité dans les moments décisifs.
Une CAN sans miracle, mais avec promesse
Pas de parcours surprise, pas de petit poucet héroïque cette fois-ci. Contrairement aux éditions précédentes, les outsiders n’ont pas renversé l’ordre établi. Une déception pour certains, une bénédiction pour d’autres.
Car en contrepartie, cette CAN 2025 s’offre un final de très haut niveau, où chaque affiche de quart de finale ressemble déjà à une finale avant l’heure. Les géants sont là. À eux désormais d’assumer leur statut.
Thom Biakpa




