La Confédération africaine de football (CAF) se retrouve au cœur d’une vive polémique après les accusations de corruption visant son président, Patrice Motsepe. L’instance continentale a pris la parole le 21 mars pour répondre fermement, alors que le Sénégal réclame désormais une enquête internationale sur les circonstances entourant la décision controversée liée à la CAN 2025.
À l’origine de la crise, une décision du jury d’appel de la CAF, rendue le 17 mars, qui a profondément bouleversé l’issue de la compétition. Alors que le Sénégal s’était imposé sur le terrain face au Maroc après prolongations (1-0), la rencontre a finalement été requalifiée en victoire marocaine sur tapis vert (3-0), à la suite d’un incident ayant conduit au retrait temporaire de l’équipe sénégalaise.
Face aux critiques croissantes, le responsable de la communication de la CAF, Luxolo September, est monté au créneau pour défendre l’intégrité du président. Dans une déclaration publique, il a catégoriquement rejeté toute accusation de corruption, affirmant que Patrice Motsepe n’a jamais perçu le moindre revenu de la CAF ou de la FIFA depuis son arrivée à la tête de l’organisation.
Selon lui, le dirigeant sud-africain adopte une posture unique dans le monde du football : il financerait lui-même l’ensemble de ses dépenses liées à ses fonctions, y compris ses déplacements et son hébergement. September a également rappelé que Motsepe avait injecté 10 millions de dollars de ses fonds personnels dans l’organisation, sans contrepartie financière.
Un argument que la CAF met en avant pour souligner l’incohérence des accusations. « Pourquoi chercher à corrompre quelqu’un qui ne tire aucun bénéfice financier de ses fonctions ? », a-t-il insisté, appelant à reconnaître l’intégrité de certains dirigeants du football africain.
Malgré ces explications, la controverse est loin d’être close. Le Sénégal dispose encore d’un délai de dix jours pour saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), dernière instance susceptible de trancher ce litige aux lourdes implications sportives et politiques.
En attendant, cette affaire continue d’alimenter les tensions et jette une ombre sur la crédibilité de la compétition, relançant le débat sur la gouvernance du football africain.
Thom Biakpa




