Faustin-Archange Touadéra a été reconduit à la tête de la République centrafricaine (RCA) à l’issue du scrutin présidentiel du 28 décembre 2025. Selon les résultats provisoires publiés par l’Autorité nationale des élections (ANE), le chef de l’État sortant remporte l’élection dès le premier tour avec 76,15 % des voix. Une victoire nette sur le plan des chiffres, mais loin de faire l’unanimité sur le terrain politique.
Une avance écrasante, une opposition divisée
D’après l’ANE, Anicet-Georges Dologuélé, principal challenger du président, arrive en deuxième position avec 14,66 % des suffrages. L’ancien Premier ministre Henri-Marie Dondra complète le trio de tête avec 3,19 %. Le taux de participation est estimé à 52,43 % pour ce scrutin à forte densité électorale, combinant présidentielle, législatives, régionales et municipales.
Ces résultats restent toutefois provisoires et doivent encore être examinés par le Conseil constitutionnel, qui rendra sa décision à la mi-janvier après étude des éventuels recours déposés par les candidats.
Contestations et accusations d’irrégularités
Sans attendre la proclamation officielle, plusieurs figures de l’opposition ont rejeté les résultats. Anicet-Georges Dologuélé a affirmé avoir remporté l’élection, dénonçant de graves dysfonctionnements dans l’organisation du vote. Henri-Marie Dondra est allé plus loin en appelant à l’annulation complète des scrutins, accusant l’ANE d’incapacité structurelle.
Le camp présidentiel a fermement rejeté ces accusations. Le porte-parole de Faustin-Archange Touadéra a dénoncé des allégations infondées et mis en garde contre toute tentative de déstabilisation. Une frange de l’opposition, qui avait choisi de boycotter le vote, parle quant à elle d’un processus électoral biaisé, pointant une proximité excessive entre le pouvoir et les institutions électorales et judiciaires.
Des observateurs internationaux plus optimistes
À rebours de ces critiques, la mission d’observation de l’Union africaine a dressé un bilan globalement positif du scrutin. Elle a évoqué un climat électoral « apaisé » et salué des progrès notables par rapport aux élections de 2016 et de 2020, cette dernière ayant été fortement contestée. Selon l’UA, les procédures légales ont été respectées et les conditions de vote se sont améliorées.
La sécurité comme principal argument de campagne
Durant la campagne, Faustin-Archange Touadéra s’est présenté comme le garant de la stabilité dans un pays marqué par une histoire politique mouvementée depuis son indépendance en 1960. Les autorités mettent en avant une reprise progressive du contrôle territorial : l’État exercerait désormais son autorité sur près de 90 % du territoire national, contre environ 20 % en 2021.
Cette amélioration sécuritaire a été déterminante pour l’organisation du scrutin, même si certaines zones restent fragiles, notamment à l’est et au nord-ouest du pays.
Des défis sociaux et économiques persistants
Malgré ces avancées, les difficultés structurelles demeurent profondes. Environ 71 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Le pays reste confronté à un accès limité aux services de base, à un réseau routier dégradé, à un chômage massif et à une hausse continue du coût de la vie.
Un dispositif sécuritaire renforcé
Le déroulement du vote a été placé sous haute surveillance. La Minusca, mission des Nations unies, a été mobilisée aux côtés de quelque 2 000 paramilitaires russes du groupe Wagner, présents en Centrafrique à la demande du président. Lors de la précédente présidentielle, une coalition rebelle avait tenté de renverser le pouvoir, avant d’être repoussée grâce au soutien militaire étranger.
Cette année, les autorités assurent que les accords de paix conclus avec plusieurs groupes armés ont contribué à un environnement électoral plus calme, même si la stabilité reste fragile et dépendante de multiples facteurs.
Thom Biakpa




