L’organisation de défense des droits humains, Amnesty International a lancé, ce mardi 10 mars, un appel aux autorités ivoiriennes afin qu’elles libèrent plusieurs dizaines de personnes arrêtées lors de la période électorale d’octobre 2025. Selon l’ONG, ces individus auraient été interpellés sans preuves solides et jugés dans des conditions qu’elle qualifie d’iniques.
Ces arrestations ont eu lieu dans un contexte de tensions politiques avant l’élection présidentielle ayant conduit à la réélection du président Alassane Ouattara. À l’époque, des partis d’opposition avaient appelé à manifester pour contester le processus électoral, malgré l’interdiction officielle de ces rassemblements.
Les manifestations ont été marquées par des violences ayant entraîné des morts et de nombreuses interpellations.
D’après Amnesty International, certaines personnes arrêtées ne participaient pas directement aux manifestations mais se trouvaient simplement à proximité des lieux de rassemblement. L’organisation souligne que plusieurs détenus seraient toujours incarcérés près de cinq mois après leur arrestation.
L’ONG s’inquiète également du déroulement des procédures judiciaires. Elle affirme que certains accusés n’ont pas pu bénéficier d’une assistance juridique lors de leur arrestation et de leur placement en détention. Amnesty appelle ainsi à la tenue rapide de procès en première instance et en appel, dans le respect des droits de la défense.
La situation de trois femmes enceintes actuellement détenues suscite par ailleurs une vive inquiétude. Deux d’entre elles ont été condamnées à trois ans de prison et ont fait appel de leur condamnation, tandis que la troisième est toujours en détention provisoire. Selon leur avocat, les conditions de détention ne sont pas adaptées à leur état de santé et pourraient avoir des conséquences physiques et psychologiques.
De son côté, le gouvernement ivoirien conteste les accusations de l’organisation. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a affirmé que les personnes arrêtées avaient commis des infractions et a rappelé l’engagement des autorités en faveur de la consolidation de l’État de droit en Côte d’Ivoire.
Dans ce contexte, Amnesty International insiste sur la nécessité pour les autorités de réexaminer les dossiers et de garantir le respect des droits fondamentaux des personnes détenues.
Thom Biakpa




