Le député malien Mamadou Awa Gassama a comparu, ce vendredi 9 janvier 2026, devant le tribunal correctionnel d’Abidjan, six mois après son arrestation dans la capitale économique ivoirienne. L’élu est poursuivi pour offense au chef de l’État ivoirien ainsi que pour diffusion de propos outrageants sur internet. Des faits qui ont suscité une vive attention tant en Côte d’Ivoire qu’au Mali.
Au cours de l’audience, l’avocat général a procédé à une requalification des charges, estimant que les propos incriminés relevaient d’une atteinte grave à la dignité de la plus haute autorité de l’État ivoirien, aggravée par leur diffusion sur les réseaux sociaux. À l’issue de ses réquisitions, le ministère public a demandé au tribunal de condamner Mamadou Awa Gassama à cinq ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende de 500 000 francs CFA.
La défense, assurée par Me Mamadou Ismaïla Konaté, a plaidé la modération, mettant en avant le contexte des déclarations reprochées à son client ainsi que son statut d’élu. Selon l’avocat, Mamadou Awa Gassama a reconnu la portée de ses propos et a présenté ses excuses, exprimant des regrets quant aux conséquences de ses déclarations.
L’affaire, qui touche à des questions sensibles liées à la liberté d’expression, aux relations diplomatiques et au respect des institutions, est suivie de près par l’opinion publique et les milieux politiques de la sous-région. Le délibéré est attendu pour le 30 janvier 2026, date à laquelle le tribunal rendra sa décision.
En attendant le verdict, Mamadou Awa Gassama reste fixé sur son sort judiciaire, dans un dossier qui illustre les tensions persistantes autour de l’usage des réseaux sociaux par les responsables politiques et les limites légales de la parole publique.
Thom Biakpa




