En Côte d’Ivoire, la question des stocks résiduels de cacao issus de la dernière campagne principale continue de susciter des tensions au sein de la filière. Alors que la commercialisation, qui s’est étendue d’octobre à fin février, a été marquée par un net ralentissement en raison d’un manque de liquidités chez certains opérateurs, une partie importante de la production est restée immobilisée dans les coopératives.
Face à cette situation, les autorités avaient annoncé une mesure exceptionnelle : le rachat de 100 000 tonnes de fèves invendues afin de soulager les producteurs. Mais plusieurs semaines plus tard, les acteurs du secteur ne s’accordent toujours pas sur l’état réel de l’opération.
Du côté de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA), créée récemment pour fédérer les différents maillons de la filière, le constat est clair : une part significative des stocks reste encore en attente. Selon ses responsables, entre 55 000 et 60 000 tonnes n’auraient pas encore été effectivement enlevées, ce qui retarde le paiement des planteurs.
L’organisation se veut toutefois rassurante, estimant que la situation devrait se débloquer prochainement.
Parallèlement, la campagne intermédiaire a déjà démarré. Les producteurs ont commencé à écouler leurs nouvelles récoltes, même si les données précises ne sont pas encore disponibles.
Certains signes d’activité, comme la délivrance de connaissements, confirment néanmoins une reprise progressive des échanges.
Mais cette lecture est contestée par le Conseil du café-cacao (CCC), l’organe régulateur du secteur. Pour lui, l’opération de rachat est déjà entièrement bouclée. Les 100 000 tonnes annoncées auraient été réparties entre plusieurs opérateurs, dont l’OIA, qui aurait bénéficié d’un quota de 40 000 tonnes.
Le CCC affirme ainsi qu’il ne subsiste plus de stocks résiduels, tout en pointant un manque de transparence dans la communication de l’OIA.
Ce désaccord met en lumière les défis de coordination au sein d’une filière stratégique pour l’économie ivoirienne. Entre volonté de soutenir les producteurs et nécessité d’assurer une gestion fluide des flux commerciaux, les autorités et les organisations professionnelles devront clarifier la situation pour éviter que ces tensions ne fragilisent davantage le secteur.
Thom Biakpa




