Dans un contexte politique national marqué par des tensions et des débats profonds sur l’avenir de l’opposition ivoirienne, le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a pris une décision qui relance le débat sur la direction de la principale formation politique dirigée par l’ancien président Laurent Gbagbo.
Le samedi 24 janvier 2026, les élites du PPA-CI se sont réunies en session ordinaire à Abidjan pour discuter des orientations du parti au cours de l’année en cours. L’enjeu principal de cette rencontre portait sur l’avenir de la présidence du parti tenue par Laurent Gbagbo, ancien chef de l’État ivoirien (2000-2011) et figure fondatrice du PPA-CI.
À l’issue des débats, le Comité Central, organe dirigeant du parti, a officiellement rejeté la perspective d’un retrait de la vie politique de Gbagbo et a demandé à l’ancien président de poursuivre sa mission à la tête de la formation politique. Cette demande a été unanimement approuvée par Gbagbo lui-même, qui a accepté de rester président du parti.
Un revirement stratégique
Cette décision intervient après une annonce faite par Laurent Gbagbo à l’automne 2025, où il avait déclaré qu’il entendait se retirer progressivement des fonctions politiques au sein de son parti et de la vie publique, estimant qu’il avait « assez donné » à son pays et souhaitant favoriser une relève générationnelle.
Cependant, face aux pressions internes du parti et à l’opposition ivoirienne qu’il incarne encore largement, Gbagbo a accepté la demande de ses cadres. Selon les dirigeants du PPA-CI, son leadership reste essentiel pour guider le parti face aux défis politiques actuels, notamment la gestion des tensions post-électorales, la situation sociale et la mobilisation à l’approche des échéances politiques à venir.
Une base militante fidèle et mobilisée
La base militante du PPA-CI a joué un rôle
déterminant dans cette dynamique. Lors de la tournée d’information nationale organisée en décembre 2025, de nombreux militants ont exprimé leur opposition à ce que Gbagbo quitte la tête du parti, estimant que sa présence était un atout indispensable dans un contexte politique jugé difficile pour l’opposition ivoirienne.
Pour les partisans, le maintien de Gbagbo à la présidence du PPA-CI s’inscrit comme un rempart contre les tentatives de marginalisation politique de l’opposition, et symbolise la continuité d’un combat politique jugé nécessaire pour représenter les voix critiques dans le paysage national.
Regard vers l’avenir
Outre la reconduction de Gbagbo à la tête du parti, le PPA-CI a également fixé la tenue de son premier Congrès ordinaire pour le 15 mai 2026, une étape importante pour définir les stratégies internes et les positions politiques du parti dans les prochains mois.
Cette assemblée est perçue comme une opportunité de renforcer l’organisation du parti, de renouveler ses structures et de clarifier ses objectifs politiques dans un pays où le débat démocratique reste fortement polarisé.
La décision du PPA-CI de demander à Laurent Gbagbo de rester à la tête du parti, malgré son intention initiale de se retirer de la vie politique, illustre les tensions entre volonté de renouvellement et besoin de continuité politique dans l’opposition ivoirienne. Si certains y voient un signe de stabilité et de maturité stratégique, d’autres soulignent les défis que représente encore la transition générationnelle au sein des formations politiques historiques.
Le PPA-CI, en réaffirmant sa confiance en Gbagbo, mise sur l’expérience de son fondateur pour traverser une période politique jugée cruciale dans l’histoire récente de la Côte d’Ivoire.
Thom Biakpa




