La tension est montée d’un cran autour du dossier sensible du remblayage de la lagune Ebrié. Mercredi 18 février 2026, le lanceur d’alerte ivoirien Jean Christian Konan a été placé sous mandat de dépôt à l’issue de son audition au parquet d’Abidjan.
Interpellé deux jours plus tôt, le 16 février, alors qu’il menait une campagne publique contre des opérations de remblayage qu’il juge illégales, l’activiste fait désormais l’objet d’une information judiciaire. Il a été écroué au Pôle pénal d’Abidjan, anciennement connu sous le nom de Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), où il restera en détention provisoire dans l’attente de la suite de la procédure.
Une procédure aux multiples chefs d’accusation
Selon son avocat, pas moins de sept chefs d’accusation ont été retenus contre lui : diffamation, appel au meurtre, incitation à la haine, trouble à l’ordre public, appel à la destruction de biens privés, appel à la violence en groupe et filouterie.
Ces charges interviennent dans un climat de crispation, alors que Jean Christian Konan multipliait depuis plusieurs semaines les prises de parole sur les réseaux sociaux et lors de rassemblements publics. Il dénonçait des travaux de remblayage opérés sur certaines portions de la lagune Ebrié, estimant qu’ils contrevenaient aux règles environnementales et urbanistiques en vigueur.
Un dossier à forte sensibilité environnementale
La lagune Ebrié, poumon naturel d’Abidjan et axe central de son développement économique, est régulièrement au cœur de controverses liées à l’urbanisation et à la pression foncière. Les opérations de remblayage, souvent destinées à créer de nouvelles surfaces constructibles, suscitent des inquiétudes quant à leurs impacts écologiques et à leur conformité juridique.
Le lanceur d’alerte affirmait agir pour « alerter l’opinion » sur les conséquences environnementales de ces pratiques. De leur côté, des sources proches du dossier évoquent l’existence de plaintes déposées par des entreprises qui se seraient estimées diffamées par certaines de ses publications.
Une séquence judiciaire décisive
Son placement sous mandat de dépôt marque l’ouverture d’une nouvelle phase judiciaire. L’information ouverte permettra à l’accusation comme à la défense de présenter leurs arguments devant la juridiction compétente.
Au-delà du cas individuel, cette affaire ravive les interrogations sur la protection des lanceurs d’alerte, la liberté d’expression et la gestion des espaces naturels en milieu urbain en Côte d’Ivoire.
Les prochaines audiences seront scrutées de près par les observateurs de la société civile et les acteurs engagés dans les questions environnementales.
Thom Biakpa




