Face à la persistance des violences dans l’est de la République démocratique du Congo, l’Angola tente de relancer la dynamique diplomatique régionale. En visite à Luanda, lundi 5 janvier, le président congolais Félix Tshisekedi a reçu du chef de l’État angolais, João Lourenço, une série de propositions visant à favoriser un retour à la paix dans cette région en proie à l’instabilité chronique.
Sans en révéler les contours, Kinshasa a accueilli favorablement ces pistes de sortie de crise. Selon la présidence angolaise, Félix Tshisekedi les a qualifiées de « très intéressantes », estimant qu’elles pourraient jouer un rôle important dans la recherche d’une solution durable au conflit.
L’Angola en médiateur régional
Cette initiative s’inscrit dans le rôle croissant de l’Angola comme acteur diplomatique en Afrique centrale. João Lourenço, qui assure actuellement la présidence de l’Union africaine, multiplie les consultations pour tenter d’enrayer la spirale de violences dans l’est congolais, une zone stratégique tant sur le plan géopolitique qu’économique. La région, riche en ressources naturelles, est marquée depuis plus de trois décennies par des affrontements armés impliquant des groupes rebelles, des forces locales et des acteurs régionaux.
Une situation militaire toujours tendue
Sur le terrain, la situation reste préoccupante. La résurgence du mouvement rebelle M23 depuis 2021 a profondément modifié les équilibres sécuritaires. Après la prise de Goma et de Bukavu au début de l’année 2025, le groupe armé a étendu son offensive au Sud-Kivu en décembre, s’emparant notamment d’Uvira le 10 décembre.
Des affrontements étaient encore signalés ce week-end aux abords de cette ville stratégique, opposant les combattants du M23 — accusés d’être soutenus par le Rwanda — aux forces alliées au gouvernement congolais.
Des efforts diplomatiques multiples
Au-delà de la médiation angolaise, une réponse régionale est également attendue. Les ministres de la Défense des pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) doivent se retrouver à partir de jeudi à Livingstone, en Zambie, pour évaluer la dégradation de la situation sécuritaire et envisager des actions concertées.
Ces discussions interviennent dans un contexte diplomatique déjà dense, alors que la RDC et le Rwanda avaient signé en 2025, à Washington, un accord de paix sous l’égide des États-Unis. Un texte qui, malgré les espoirs suscités, peine encore à produire des effets concrets sur le terrain.
Thom Biakpa




