La menace pirate continue de planer sur les eaux du Golfe de Guinée. Dans la nuit de samedi à dimanche, un chalutier gabonais a été la cible d’une attaque armée au large de Libreville, aboutissant à l’enlèvement de neuf marins étrangers. Cet incident relance les préoccupations sécuritaires dans une zone pourtant placée sous surveillance renforcée ces dernières années.
Le navire concerné, l’IB Fish 7, battant pavillon gabonais, se trouvait en pleine activité de pêche lorsqu’il a été intercepté par trois assaillants armés, à environ sept milles nautiques au sud-ouest d’Ekwata. Selon l’état-major de la Marine nationale, les pirates ont enlevé cinq ressortissants chinois et quatre Indonésiens, avant de quitter les lieux.
Six autres membres d’équipage indonésiens, chinois et burkinabè sont restés à bord du chalutier.
Rapidement alertées, les autorités gabonaises ont localisé le navire et assuré son escorte sécurisée jusqu’au port de Libreville, évitant ainsi un drame plus large. Le ministère de la Défense a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire confiée au parquet de Libreville, afin d’identifier les auteurs et les circonstances précises de l’attaque.
Cet enlèvement s’inscrit dans une série d’incidents similaires. En février 2025, trois marins avaient déjà été kidnappés lors de l’attaque d’un autre chalutier au large de la capitale gabonaise. À la suite de cet épisode, les représentations diplomatiques étrangères, dont le consulat de France, avaient renforcé leurs consignes de prudence, déconseillant notamment la navigation de plaisance dans la région.
Malgré les efforts conjoints des États riverains et de partenaires européens, le Golfe de Guinée demeure une zone maritime à haut risque.
S’étendant du Liberia à l’Angola, cet espace stratégique joue un rôle clé dans l’acheminement mondial des hydrocarbures et du gaz. S’il a enregistré une baisse notable des actes de piraterie ces dernières années, l’insécurité n’a pas disparu. En 2024, 26 incidents de piraterie et de brigandage maritime y ont encore été recensés, selon le MICA Center de Brest.
L’attaque du chalutier gabonais rappelle ainsi que la lutte contre la piraterie reste un défi permanent, nécessitant vigilance, coopération régionale et moyens adaptés pour protéger les marins et sécuriser l’un des corridors maritimes les plus importants au monde.
Thom Biakpa




