En Guinée, le président Mamadi Doumbouya a choisi la carte de la continuité. Par décret lu lundi soir à la télévision nationale, le chef de l’État a confirmé Amadou Oury Bah au poste de Premier ministre, quelques jours après la dissolution du précédent gouvernement. Cette décision intervient dans un contexte politique sensible, marqué par la fin officielle de la transition militaire et l’investiture de Doumbouya pour un mandat de sept ans.
Déjà en fonction depuis février 2024, Amadou Oury Bah avait dirigé le gouvernement durant la période de transition. Sa reconduction envoie un signal clair : le pouvoir entend maintenir le cap et éviter toute rupture brutale au sommet de l’exécutif. Selon la présidence, le nouveau gouvernement comptera 27 ministères ainsi que deux secrétaires généraux, dont la composition détaillée devrait être rendue publique dans les prochains jours. Il s’agira du premier gouvernement formellement installé sous la présidence de Mamadi Doumbouya.
Au-delà des nominations, les attentes se cristallisent autour du calendrier électoral. Le président guinéen est attendu sur l’annonce des dates des élections législatives, communales et sénatoriales, considérées comme une étape clé du retour à l’ordre constitutionnel. Ces scrutins sont particulièrement scrutés par les acteurs politiques nationaux et les partenaires internationaux, alors que Doumbouya s’était engagé, après le coup d’État de septembre 2021, à rendre le pouvoir aux civils.
Mais ce processus s’inscrit dans un climat politique tendu. Depuis sa prise de pouvoir, le régime est régulièrement accusé de restreindre l’espace démocratique. Plusieurs formations politiques ont été suspendues, les manifestations demeurent interdites depuis 2022 et sévèrement réprimées, tandis que des figures de l’opposition et de la société civile ont été emprisonnées, condamnées ou contraintes à l’exil. Les signalements de disparitions forcées et d’enlèvements se sont également multipliés, alimentant les préoccupations des organisations de défense des droits humains.
Dans ce contexte, la reconduction d’Amadou Oury Bah apparaît à la fois comme un choix de stabilité institutionnelle et comme un test pour la crédibilité des engagements politiques du président Doumbouya, notamment en matière d’ouverture démocratique et de respect des libertés publiques.
Thom Biakpa




