À Madagascar, la saison des pluies a une nouvelle fois plongé la capitale, Antananarivo, dans une situation dramatique. Depuis le début des fortes intempéries, les autorités ont recensé au moins 11 décès dans la ville et ses environs, tandis que plus d’un millier de personnes ont été contraintes de quitter leur domicile à la suite des inondations.
Un bilan humain et matériel lourd, qui illustre un phénomène récurrent dans la capitale malgache.
Les pluies intenses, qui s’abattent chaque année sur les Hautes Terres centrales, ont provoqué la montée rapide des eaux dans plusieurs quartiers bas et densément peuplés d’Antananarivo. Les habitations, souvent précaires, se retrouvent submergées en quelques heures, obligeant les familles à se réfugier dans des sites d’hébergement temporaire ou chez des proches. Les sinistrés font face à des conditions de vie difficiles, marquées par le manque d’eau potable, de nourriture et de services sanitaires adéquats.
Selon les spécialistes, la situation s’explique en grande partie par l’incapacité des eaux de pluie à s’évacuer correctement vers les deux principaux cours d’eau entourant la capitale, l’Ikopa et la Mamba. Ces rivières, censées jouer un rôle de déversoir naturel, ne parviennent plus à absorber les volumes d’eau accumulés lors des fortes précipitations. Résultat : l’eau stagne dans les zones urbaines et inonde les quartiers les plus vulnérables.
Les causes de ces inondations sont pourtant bien identifiées. Parmi elles, figurent l’urbanisation rapide et souvent anarchique, l’occupation des zones inondables, l’insuffisance des systèmes de drainage, ainsi que l’envasement des canaux et des rivières. À cela s’ajoutent la déforestation en amont et la mauvaise gestion des déchets, qui obstruent les canaux d’évacuation et aggravent les risques d’inondation.
Malgré les alertes répétées et les promesses de solutions durables, le scénario se répète presque chaque année, avec son lot de victimes et de dégâts matériels. Les habitants d’Antananarivo, particulièrement les plus modestes, demeurent les premières victimes de cette vulnérabilité chronique face aux aléas climatiques.
Face à cette situation, de nombreuses voix appellent à des mesures structurelles urgentes, allant du curage régulier des rivières et des canaux à une meilleure planification urbaine, en passant par des actions de prévention et de sensibilisation. Sans une réponse durable et coordonnée, la capitale malgache risque de continuer à payer un lourd tribut à chaque saison des pluies.
Thom Biakpa




