La côte est de Madagascar se réveille meurtrie. Mardi soir, le cyclone Gezani a frappé l’île avec une violence exceptionnelle, laissant derrière lui un paysage de ruines et un lourd bilan humain. Au moins 35 personnes ont perdu la vie, six autres sont portées disparues et 374 ont été blessées, selon le Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC).
À Toamasina, deuxième ville du pays et principal port de la côte orientale, l’ampleur des dégâts est spectaculaire. Les autorités estiment que près de 75 % de la ville a été détruite ou gravement endommagée. Les rafales, atteignant jusqu’à 250 km/h, ont arraché des toitures, déraciné des arbres et submergé les routes sous des pluies torrentielles. Dans plusieurs quartiers, les habitations précaires n’ont pas résisté à la puissance du vent.
Mercredi, les habitants tentaient de reprendre pied au milieu des décombres. Des familles consolidaient tant bien que mal leurs maisons avec des tôles récupérées, tandis que les secours s’organisaient pour venir en aide aux sinistrés.
Près de 18 000 habitations ont été totalement détruites et environ 50 000 autres endommagées ou inondées, dans une ville qui compte quelque 400 000 habitants.
Face à l’ampleur de la catastrophe, le chef de l’État, le colonel Michaël Randrianirina, arrivé au pouvoir il y a quatre mois à la suite d’une prise de contrôle militaire, a lancé un appel à la solidarité internationale pour soutenir les opérations d’urgence. Le Centre météorologique régional spécialisé cyclones (CMRS) de La Réunion a qualifié l’impact de Gezani comme l’un des plus intenses observés à Tamatave depuis le début de l’ère satellitaire, le comparant au cyclone Geralda qui avait fait au moins 200 morts en 1994. L’histoire récente de Madagascar reste marquée par d’autres tempêtes meurtrières, telles que Gretelle en 1997 et Gafilo en 2004.
Si la tempête a traversé Madagascar d’est en ouest en s’affaiblissant temporairement, la menace n’est pas écartée pour autant. En atteignant les eaux chaudes du canal du Mozambique, la dépression pourrait se renforcer à nouveau et redevenir un cyclone tropical intense, selon les prévisions du CMRS. Le sud du Mozambique pourrait être frappé dès vendredi soir, dans un contexte déjà fragilisé par d’importantes inondations depuis le début de l’année.
Pour Madagascar, l’heure est désormais à l’urgence humanitaire et à la reconstruction, dans un pays régulièrement éprouvé par les aléas climatiques.
Thom Biakpa




