La ville de Tahoua, située à environ 500 kilomètres à l’est de Niamey, a été la cible d’attaques armées dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 mars. Des combattants affiliés à des groupes jihadistes ont mené deux assauts contre des installations militaires de cette localité considérée comme un point stratégique dans la lutte contre le terrorisme au Niger.
Selon des témoignages recueillis sur place, des tirs nourris d’armes automatiques ont été entendus aux alentours de 3 heures du matin, réveillant les habitants. La première attaque a visé la base aérienne militaire installée dans l’enceinte de l’aéroport, au sud de la ville. Des témoins rapportent que les assaillants se déplaçaient à moto.
D’après des sources sécuritaires, les forces armées nigériennes ont rapidement réagi. Après environ 45 minutes d’échanges de tirs, les militaires sont parvenus à repousser les assaillants. La base aérienne abrite notamment deux drones TB2 de fabrication turque, utilisés dans les opérations de surveillance et de lutte contre les groupes armés.
Peu de temps après ce premier affrontement, les combattants jihadistes ont lancé une seconde attaque. Cette fois-ci, la cible était le quartier général du 42e bataillon interarmes, également basé à Tahoua. Là encore, l’armée a réussi à contenir l’offensive et à repousser les assaillants.
Cette base militaire, que certains habitants surnomment la « base américaine », a accueilli par le passé des formations dispensées par l’armée des États-Unis à des unités spéciales nigériennes, notamment celles intégrées aux Bataillons de surveillance et d’intervention (BSI).
Aucune information officielle n’a encore été communiquée concernant un éventuel bilan humain ou matériel à la suite de ces attaques.
Il s’agit de la première fois que la ville de Tahoua est directement visée par des assauts de ce type, alors que les groupes jihadistes intensifient ces derniers mois leurs opérations contre des infrastructures militaires, en particulier les installations aériennes.
Fin janvier, une attaque contre la base 101 de l’aéroport de Niamey avait déjà été revendiquée par l’organisation État islamique.
En raison de la dégradation de la situation sécuritaire, les Nations unies ont annoncé la suspension temporaire des vols du service aérien humanitaire UNHAS à destination de Tahoua. Les rotations devraient reprendre le mercredi 11 mars, si les conditions de sécurité le permettent.
Thom Biakpa




