Dans le nord-ouest du Nigeria, une nouvelle vague de violences a frappé l’État de Kebbi dans la nuit du 5 au 6 avril 2026. Plusieurs villages de la circonscription de Shanga ont été la cible d’attaques coordonnées menées par des hommes armés présumés appartenir à des groupes djihadistes.
Selon des sources locales, les assaillants ont pris pour cible les localités de Gebe, Kawara, Kalkami ainsi que d’autres communautés environnantes. Des témoignages concordants évoquent des tirs nourris, des habitations incendiées et un bilan humain d’au moins une dizaine de morts, bien que les autorités n’aient pas encore communiqué de chiffres officiels précis.
D’après des habitants ayant fui les violences, les assaillants seraient venus de zones forestières situées à proximité de la frontière avec l’État du Niger. L’un d’eux affirme que les hommes armés ont ouvert le feu sur les civils avant de mettre le feu à de nombreuses maisons, semant la panique au sein des populations.
Ces attaques s’inscrivent dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé dans cette région frontalière du Bénin et du Niger. Depuis 2025, l’État de Kebbi est devenu un nouveau foyer d’activité pour des groupes djihadistes liés à l’organisation État islamique.
Le groupe impliqué dans ces violences serait affilié à Ansaru, une faction issue d’une scission avec Boko Haram en 2021 et proche de Al-Qaïda. Cette mouvance cherche à étendre son influence dans le nord-ouest nigérian, profitant de la porosité des frontières et de la faiblesse du contrôle sécuritaire.
Par ailleurs, la région reste confrontée à une autre menace persistante : celle des groupes criminels locaux, souvent désignés sous le nom de « bandits », responsables d’enlèvements et d’attaques contre les villages.
Face à cette double insécurité, les populations civiles se retrouvent particulièrement vulnérables, contraintes de fuir leurs habitations et de chercher refuge dans des zones plus sûres, tandis que les autorités peinent à contenir la multiplication des violences.
Thom Biakpa




