La pression exercée par les groupes jihadistes au Mali ne se limite plus aux routes et à l’approvisionnement en carburant. Dans la région de Kayes, à l’ouest du pays, les unités industrielles sont désormais devenues des cibles directes. Dimanche 11 janvier, plusieurs usines ont été attaquées et incendiées par des hommes armés se réclamant d’al-Qaïda.
Selon des sources locales, au moins trois sites industriels spécialisés dans la production de ciment, de chaux et d’enduit ont été pris pour cible à l’aube. Les assaillants, arrivés en grand nombre, entre 150 et 200 hommes, circulaient à moto et disposaient d’armes lourdes. Organisés en deux groupes, ils ont mené des attaques coordonnées avant de mettre le feu aux installations.
Les images de ces destructions, rapidement relayées sur les réseaux sociaux, témoignent de l’ampleur des dégâts. Un élu local, qui s’est rendu sur place après le retrait des assaillants, évoque un paysage de désolation : bâtiments ravagés, stocks de ciment réduits en cendres, outils de production hors d’usage. « Tout est à refaire », confie un habitant de Bafoulabé, soulignant que l’objectif des jihadistes semble clair : empêcher toute activité industrielle dans la zone.
Outre les destructions matérielles, les attaques ont également visé les personnes. D’après les informations recueillies, au moins quatre individus ont été enlevés sur l’un des sites. Ce mode opératoire n’est pas inédit. En juillet dernier déjà, des usines de la région avaient été attaquées, et plusieurs employés étrangers, notamment indiens, avaient été kidnappés. Ces derniers sont toujours retenus par le groupe armé affilié à al-Qaïda.
Ces nouvelles attaques illustrent l’élargissement de la stratégie jihadiste, qui s’attaque désormais aux piliers économiques locaux, aggravant un peu plus la fragilité sécuritaire et sociale de l’ouest malien.
Thom Biakpa




