À Kinshasa, une affaire d’argent liquide aux allures de thriller politico-financier prend de l’ampleur et soulève de nombreuses interrogations. Tout est parti d’une interception à l’aéroport international de Ndjili, où des agents ont mis la main sur des valises contenant une importante somme en dollars américains. Initialement estimé à près de deux millions, le montant saisi dépasse en réalité les 3,5 millions de dollars, selon les dernières déclarations officielles.
Ce réajustement spectaculaire n’est pas sans conséquence. Une différence d’environ 1,6 million de dollars entre la somme déclarée et le montant effectivement retrouvé alimente désormais les soupçons. Certains y voient la trace d’une tentative de détournement partiel après la saisie, ce qui a immédiatement attiré l’attention des autorités judiciaires.
Depuis l’étranger, le ministre de la Justice a pris la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie de manœuvres suspectes autour de ces fonds. Il a ordonné l’ouverture d’une enquête afin de faire toute la lumière sur cette affaire. Entre-temps, l’intégralité de l’argent a été récupérée par la justice et sécurisée auprès de la Banque centrale.
Deux individus, tous deux de nationalité congolaise, ont été arrêtés alors qu’ils transportaient les valises. Leur identité reste confidentielle à ce stade, les enquêteurs cherchant à remonter jusqu’au véritable propriétaire de cette fortune dont l’origine demeure inconnue.
Mais au-delà de cet épisode précis, plusieurs sources évoquent une pratique plus répandue qu’il n’y paraît : le transit clandestin de liquidités via l’aéroport de Ndjili. Si cette tentative a échoué, ce serait moins grâce aux contrôles que suite à des désaccords entre les protagonistes, selon certains témoignages.
L’affaire a pris une nouvelle dimension avec la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux. On y voit des piles de billets entassées dans une chambre d’hôtel, jusque dans la salle de bain. L’auteur de la vidéo affirme que cet argent proviendrait de la Banque centrale, une accusation qui a poussé l’institution à annoncer l’ouverture d’une enquête interne.
Entre zones d’ombre, accusations et contre-enquêtes, ce dossier sensible pourrait bien révéler des mécanismes plus larges de circulation illégale de fonds en République démocratique du Congo.
Thom Biakpa




