L’Union européenne met 81 millions d’euros sur la table pour tenter d’endiguer la spirale humanitaire qui frappe l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et, au-delà, l’ensemble de la région des Grands Lacs. L’annonce, faite mardi 17 février, intervient dans un contexte de recrudescence des combats et d’aggravation des besoins humanitaires.
Depuis la résurgence du mouvement rebelle M23 en 2021, la situation sécuritaire s’est fortement détériorée dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Début 2025, le groupe armé, accusé d’être soutenu par le Rwanda, a pris le contrôle des villes stratégiques de Goma et Bukavu ainsi que de larges portions de territoire. Ces avancées ont provoqué des déplacements massifs de populations et accentué une crise alimentaire déjà alarmante.
Sur les 81 millions d’euros débloqués par l’UE, 68 millions seront consacrés directement aux opérations humanitaires en RDC. L’objectif : fournir une assistance d’urgence aux millions de personnes touchées par les violences, qu’il s’agisse d’accès à la nourriture, aux soins de santé, à l’eau potable ou à des abris. Les 13,2 millions d’euros restants financeront des programmes régionaux d’aide aux réfugiés ainsi que des dispositifs de préparation aux catastrophes dans les pays voisins des Grands Lacs.
Selon les estimations rappelées par Bruxelles, plus de 21 millions de personnes ont aujourd’hui besoin d’une aide humanitaire en RDC. Près de 28 millions souffrent d’insécurité alimentaire, un chiffre qui illustre l’ampleur d’une crise devenue structurelle après plus de trois décennies de violences dans cette région riche en ressources naturelles et frontalière du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi.
Cette mobilisation financière intervient alors que la commissaire européenne à la gestion des crises, Hadja Lahbib, est en déplacement en RDC, au Burundi et au Rwanda. Sa mission : évaluer les besoins les plus urgents sur le terrain et plaider pour un accès humanitaire sans entrave auprès de toutes les parties au conflit.
Les combats récents, notamment dans la région d’Uvira au Sud-Kivu, ont entraîné la fuite de dizaines de milliers de Congolais vers le Burundi. Malgré plusieurs initiatives diplomatiques, dont une proposition de cessez-le-feu portée par l’Angola et des accords signés à Doha et à Washington, les affrontements se poursuivent. Pour l’heure, aucun des engagements pris n’a permis de rétablir durablement la paix dans l’est de la RDC.
Face à cette impasse sécuritaire, l’aide européenne apparaît comme un soutien vital, mais insuffisant à elle seule pour résoudre une crise enracinée depuis des décennies.
Thom Biakpa




