À Dakar, le ton n’était ni diplomatique ni mesuré. Face à un public attentif, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a livré une lecture tranchée de l’actualité internationale, désignant sans détour le président américain Donald Trump comme un facteur majeur d’instabilité globale. Il l’a qualifié d’« homme de déstabilisation », estimant que son action militaire contre l’Iran avait entraîné la planète dans le chaos.
Une vision critique du leadership américain
Dans un contexte marqué par les tensions autour de l’Iran, le chef du gouvernement sénégalais a remis en question l’efficacité et la légitimité des interventions militaires américaines. Selon lui, loin de rétablir la stabilité, ces actions ont contribué à « un chaos que rien ne justifie »
Son analyse s’inscrit dans une critique plus large : celle d’un modèle international dominé par la force plutôt que par le droit.
Le droit international au cœur du discours
Au-delà du conflit au Moyen-Orient, Sonko a dénoncé ce qu’il perçoit comme une dérive des puissances occidentales dans leur rapport au droit international. Il a notamment pointé des actions unilatérales jugées incompatibles avec les principes démocratiques, estimant qu’aucun État ne devrait s’arroger le droit de décider du sort d’un autre peuple.
Une posture souverainiste assumée
Cette sortie s’inscrit dans la ligne politique défendue par le leader du Pastef, à savoir, une affirmation de la souveraineté africaine et un rejet du « suivisme » vis-à-vis des grandes puissances. Lors de cette rencontre organisée à Dakar, en présence du géopolitologue Pascal Boniface, Sonko a plaidé pour un repositionnement stratégique du continent dans un monde en recomposition.
Un message au-delà du Sénégal
En filigrane, c’est une vision multipolaire du monde qui se dessine. Le Premier ministre sénégalais appelle à repenser les équilibres internationaux et à renforcer l’autonomie politique et économique des États africains, alors que les répercussions des crises globales, notamment énergétiques, se font déjà sentir sur le continent.
Par cette prise de parole, Ousmane Sonko ne s’adresse pas seulement à ses partenaires internationaux, il esquisse aussi une doctrine, celle d’une Afrique plus indépendante, prête à faire entendre sa propre voix dans un contexte mondial sous tension.
Thom Biakpa




