L’inquiétude grandit au sein de Médecins Sans Frontières (MSF). L’ONG a annoncé, lundi 2 mars, être sans nouvelles de 26 de ses collaborateurs au Soudan du Sud, dans un contexte de violences accrues dans l’État du Jonglei.
Ces employés faisaient partie des 291 membres du personnel déployés dans les localités de Lankien et Pieri, deux villes du centre-est du pays où les affrontements armés se sont intensifiés ces dernières semaines. Face à la dégradation rapide de la situation sécuritaire, l’organisation avait déjà suspendu ses activités médicales dans ces zones.
Une région en proie aux rivalités armées
Le Jonglei est redevenu l’épicentre de tensions opposant l’armée fidèle au président Salva Kiir à des groupes armés soutenant son rival politique Riek Machar. Ce dernier, placé en résidence surveillée depuis près d’un an, est poursuivi pour « crimes contre l’humanité ».
Dans ce climat explosif, les structures humanitaires se retrouvent particulièrement exposées. Début février, un hôpital soutenu par MSF a été touché par une frappe aérienne, illustrant la vulnérabilité des installations médicales au cœur des combats.
Des équipes dispersées, des communications rompues
Selon l’organisation, de nombreux employés ont dû fuir les violences avec leurs proches. Certains se seraient réfugiés dans des zones reculées, où l’accès à la nourriture, à l’eau et aux services essentiels demeure très limité.
MSF précise que la perte de contact pourrait s’expliquer en partie par l’effondrement des réseaux de communication dans ces régions isolées. Mais l’ONG se dit « très préoccupée » par la possibilité que certains de ses collègues se trouvent dans des situations critiques les empêchant de donner des nouvelles.
Alors que l’insécurité continue de progresser dans le Jonglei, l’organisation humanitaire appelle implicitement au respect de la neutralité médicale et à la protection des civils comme des travailleurs humanitaires, pris au piège d’un conflit qui ne cesse de s’enliser.
Thom Biakpa




