Au moins 33 personnes ont perdu la vie et 59 autres ont été blessées lors de frappes de drones qui ont touché plusieurs marchés dans l’ouest du Soudan. Les attaques, survenues samedi dans l’État du Kordofan-Ouest, ont visé les localités d’Abou Zabad et de Wad Banda, selon des sources médicales.
D’après un médecin de l’hôpital d’Abou Zabad, qui a requis l’anonymat, de nombreux blessés ont été admis dans l’établissement après les explosions. Trente d’entre eux restent hospitalisés. Sur place, les habitants ont participé aux opérations d’inhumation des victimes. Hamad Abdoullah, un résident de la ville, affirme avoir aidé à enterrer une vingtaine de personnes. « Quatre d’entre elles faisaient partie de ma famille et travaillaient au marché », a-t-il confié à un média local.
Les frappes sont attribuées à l’armée soudanaise par des témoins et des sources locales. L’armée a cependant rejeté ces accusations, assurant que ses opérations visent exclusivement des positions rebelles.
Une source militaire a affirmé que les forces armées ne prennent pas pour cible les zones civiles et qu’elles frappent uniquement les combattants adverses, leur équipement et leurs dépôts d’armes.
La violence ne s’est pas limitée au Kordofan-Ouest. Dans le Darfour-Est voisin, une autre frappe de drone a touché dimanche un point de vente de carburant situé dans le marché d’El-Daien. L’attaque aurait provoqué un incendie, selon plusieurs témoins.
Par ailleurs, les conséquences d’une précédente frappe se sont aggravées. Une volontaire du Croissant-Rouge, blessée jeudi lors d’un bombardement contre l’hôpital de Dilling dans le Kordofan-Sud, a succombé à ses blessures dimanche.
Cette attaque avait déjà fait 28 morts et une soixantaine de blessés.
Ces événements illustrent l’intensification des combats dans la région du Kordofan, devenue l’un des principaux fronts de la guerre opposant l’armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Après près de trois ans de conflit, le Soudan est plongé dans une crise majeure. Le bilan humain se compte désormais en dizaines de milliers de morts, tandis que plus de 11 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer. Les Nations unies considèrent aujourd’hui la situation au Soudan comme la pire crise humanitaire au monde.
Thom Biakpa




